« Stabat Mater » de Frédéric Coudron

Voici un roman qui m’a permis de faire connaissance avec une maison d’édition qui m’était inconnue jusqu’alors : les Editions ex-aequo. En parcourant leur site je m’aperçois que leur catalogue est bien fourni et varié. Il y en a vraiment pour tous les goûts. Mais c’est évidemment en premier lieu une rencontre avec un auteur, Frédéric Coudron, qui m’avait contactée pour lire son ouvrage.

Résumé de l’éditeur : Alessandro Calderon est inspecteur à la Brigade Criminelle de la Police Judiciaire de Lille. Dépressif, alcoolique et sujet à des pertes de mémoires, il est à la tête d’une petite équipe d’enquêteurs formant une véritable famille et qui compte, parmi ses membres, la séduisante Mallory. Luttant contre ses propres démons, Calderon va se trouver confronter à un tueur en série, auto-baptisé Viatcheslav, semant la terreur sur la ville et jouant avec les forces de l’ordre par lettres interposées. Acculé, soupçonné, l’inspecteur devra fouiller son propre passé trouble pour essayer de démêler les nœuds de cette enquête pas comme les autres. Ce n’est qu’au prix de véritables sacrifices, l’amenant aux limites de la raison et l’obligeant à pactiser avec le diable, qu’il découvrira l’effroyable vérité…

Mon avis : Au début du roman, l’inspecteur Calderon enquête sur la disparition d’une jeune femme, dont on a retrouvé  les dessous dans sa boîte aux lettres. Cela lui rappelle une affaire non résolue datant d’il y a quinze ans. En ouvrant les scellés, Calderon y trouve d’autres dessous laissés à l’époque ainsi qu’une feuille blanche vierge. Ou du moins, vierge à l’époque, car avec le temps, la lettre rédigée à l’encre sympathique s’est révélée. Et c’est ainsi qu’il comprend que non seulement les deux affaires sont liées, mais qu’il s’agit d’un tueur en série qui ne s’est pas contenté de deux crimes en quinze ans.

Dans sa lettre, le tueur parle d’une enfance difficile, de sa mère qui lui a pourri la vie… On a clairement affaire à un psychopathe dérangé, prêt à commettre des crimes atroces pour se confronter à Calderon. Car très vite, ce dernier comprend que le tueur l’a désigné pour adversaire.

Jusque là, on trouve tout ce que j’aime dans un polar : le flic dépressif (cliché mais c’est comme ça que je les préfère), le psychopathe, des meurtres bien glauques avec escalade de la violence (décapitations, corps coupés en deux quand la victime est encore vivante…). Ce ne sont pas des critères sine qua non, je peux aussi me régaler avec Miss Marple, mais j’avoue que les dérangés me fascinent.

Là où le roman devient d’autant plus intéressant, c’est quand on en vient à se demander si Calderon n’est pas lui-même le coupable. Plusieurs évènements troublants ne trouvent pas d’explication, et comme il souffre d’amnésie depuis sa dépression… Il est poursuivi jusque dans les coins les plus reculés, même quand en cavale (car si le lecteur doute de sa culpabilité, c’est aussi le cas de la police) il garde sa cachette secrète. Et puis viendra le dénouement, à la hauteur de ce qu’on peut attendre d’une histoire qui nous tient en haleine depuis le début.

De plus, étant donné que le roman se passe en très grande partie dans la métropole lilloise, j’ai particulièrement apprécié retrouver des endroits que je connais : les rues de Lille, la base de loisirs de Willems, la description du village de Fretin où habite un de mes amis… Ce n’est pas ce qui en fait un bon roman mais c’est ce qui fait que j’ai pris encore davantage de plaisir dans ma lecture 🙂

Mais… il y a un mais. Je comprends qu’un romancier essaye de coller à la réalité, même dans une oeuvre de fiction. Et je comprends qu’un agent de police ne s’exprime pas en employant des mots tels que « saperlipopette » ou « goujat », mais dans la fiction écrite, j’aime trouver un minimum de retenue. Ici j’ai été gênée par certaines expressions de jugement péremptoire : entre autres, « gros porc » pour un suspect obèse, et dans un seul paragraphe « connasse », « garce » et « salope » pour une femme dont on n’est même pas certains que les torts lui reviennent (et quand bien même). J’ai aussi noté un style tâtonnant dans le premier tiers du roman. Le ton de lecture est monocorde, saccadé. Mais plus le roman avance, plus on sent que l’auteur a su faire corps avec son texte. Les phrases deviennent plus chaloupées, plus fluides, et alors qu’au début j’avais du mal à rentrer dans l’histoire, passé le premier tiers j’étais complètement embarquée.

Malgré ces bémols, l’intrigue a donc suffisamment su me tenir en haleine pour que je passe un bon moment avec ce roman, dévoré en une soirée.

Remerciements : Merci à Frédéric Coudron pour avoir eu la gentillesse de me remettre ce roman en main propre. Et je suis partante pour le deuxième opus ! 😉

Editions Ex Aequo, juin 2012, ISBN 978-2-35962-284-3, 161 pages, 15 €

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12 réflexions au sujet de « « Stabat Mater » de Frédéric Coudron »

    1. Je n’en suis qu’à deux pour l’instant, mais c’est déjà un début 🙂
      J’ai bien aimé ce polar, plus pour l’intrigue que pour le style, mais j’ai bien accroché.

A vous les micros !

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