« L’éternel retour », de Sylvain Tesson

Sylvain Tesson est un écrivain voyageur, qui a effectué un tour du monde à vélo en 1993, a traversé l’Himalaya en 1997, les steppes d’Asie, et a dernièrement publié Dans les forêts de Sibérie chez Gallimard, ouvrage dans lequel il raconte ses mois de solitude dans une cabane au bord du lac Baïkal.

Dans le recueil de nouvelles intitulé Une vie à coucher dehors dont sont issus les cinq récits qui composent cet ouvrage, l’écrivain nous emmène vers des contrées différentes et lointaines, fidèle à son envie d’ailleurs.

L’asphalte : dans un village isolé de Sibérie, un homme se bat pour qu’une route d’asphalte relie les habitants à la grande ville la plus proche. Il obtiendra gain de cause, pour son plus grand malheur.

Les porcs : dans le Dorset anglais, un éleveur se rend compte qu’il s’est fourvoyé en cédant à la pression pour passer à une méthode intensive, totalement inhumaine et contraire au respect de la vie animale.

Le lac : un garde-chasse vit seul depuis quarante ans dans une cabane de Sibérie au bord d’un lac. Ses journées sont rythmées par la coupe du bois, la chasse, l’observation de la nature. Mais cet isolement cache un lourd secret.

L’île : un bateau a fait naufrage. Une petite partie de l’équipage a échoué sur une île déserte et tente de survivre. Bientôt, un des survivants sera vénéré car capable de raconter des histoires tous les soirs.

Le phare : le gardien du phare le plus austral du continent asiatique est invité par une confrérie bretonne, car le phare russe a été érigé par des Bretons. Le Russe fêtera un noël inattendu et inoubliable dans un phare du Finistère.

Le lac Baïkal

Dans toutes ces nouvelles, Sylvain Tesson parle de ce qu’il connait, et ça se ressent. Il nous amène à la rencontre de cultures méconnues, de questions qui dépassent nos préoccupations de citadins occidentaux. C’est un retour à la nature, à l’écoute de l’environnement et à la vie quotidienne sans tout le confort moderne. La nouvelle Les porcs est éloquente à ce sujet. L’éleveur s’en remet à la méthode moderne puis s’en repent amèrement. Le style est magnifique, le vocabulaire d’une précision rare et si poétique en même temps. Lire ces nouvelles est comme lire une partition, une musique se met en branle et nous entraîne sur son sillage. Les chutes sont inattendues et parfaites. Un bijou. Dommage que la couverture ne rende absolument pas hommage à la beauté de ces récits.

Chronique réalisée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

♣ Je vous le conseille vraiment si vous avez des envies d’ailleurs, d’histoires bouleversantes et tellement belles…

Folio 2€, 2012, ISBN 978-2-07-044709-1, 91 pages, 2€

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8 réflexions au sujet de « « L’éternel retour », de Sylvain Tesson »

  1. Alors que je cherchais, sans trop d’inspiration, un livre à lire dans les rayons de la librairie, tu as attrapé ce recueil et tu me l’as tendu.

    Aujourd’hui il tourne entre les mains de tous mes collègues, et à l’exception d’un vieux grincheux qui aime bien râler, tout le monde est sous le charme.

    Merci pour ton conseil, je te ramènerai dans mes recherches d’évasion! 😀

A vous les micros !

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