« Orphelins de sang », de Patrick Bard

Résumé : Dans la capitale du Guatemala, l’insécurité règne en maître. A partir de 17h tous les commissariats, hôpitaux, ambulanciers, pompiers et journalistes sont en alerte. Les truands sont sans pitié mais ponctuels. Un chauffeur de bus assassiné par ici, un règlement de comptes par là. Et au milieu de tout ça le pompier Victór Hugo Hueso, qui suit des cours pour devenir journaliste et pense bien tenir son sujet de fin d’études. Une femme a été froidement blessée par balle, et son amie tuée. Quant à son bébé, personne ne sait où elle est passée. Victór est persuadé que la petite s’est faite enlever pour alimenter un trafic d’enfants.

Dans le même temps, un couple californien se lamente. Leur demande d’adoption était à deux doigts d’être acceptée, mais c’est une fois de plus un échec. Katie ne se sent pas capable d’affronter de nouveaux refus, John tient lui plus que tout à un enfant. Voyant que son couple risque de prendre l’eau, Katie accepte de se pencher sur une association américaine qui s’engage à trouver un enfant rapidement et en toute légalité. Katie et John tiennent enfin leur vraie chance.

Nous suivons donc en parallèle les deux histoires, que nous savons liées dès le premier chapitre qui se passe en 2021, alors que tout le reste du récit se passe en 2007.

Mon avis : COUP DE COEUR ! 

La peinture qui est faite de la société guatémaltèque est à la fois affligeante et terriblement crédible lorsqu’on connait les horreurs que sont prêts à commettre les humains, en particulier dans les pays du Tiers-Monde, où la misère pousse à toutes les extrémités. Ce roman parle très clairement des trafics d’enfants, que ce soit pour l’adoption ou pour les insérer dans les filières pédophiles. Le contexte est tellement précis qu’on est intégralement plongés dans l’ambiance violente dépeinte, avec son lot de pauvreté, de conditions de travail ahurissantes, de la violence faite aux femmes, de la corruption. C’est dans cette atmosphère qu’essaye d’évoluer Victór Hugo Hueso, l’apprenti journaliste, un héros qui porte bien son nom. Il n’est pas téméraire, ses actes sont mesurés et réfléchis, il sait ce qu’est la peur. Mais il a des convictions et une soif de justice qui le poussent à braver le danger. Il sera aidé par une association féministe et la mère de la petite fille qu’il s’est engagée à retrouver.

Ce qui est très intéressant dans ce roman c’est qu’on peut voir les deux côtés du problème. Katie et John sont issus d’un milieu aisé, cultivés, informés. Leur premier réflexe a été de vérifier que tout était fait dans les règles au niveau du dernier organisme vers lequel ils se sont tournés. Ils n’ont rien perçu du trafic qui se tramait derrière la façade. Des enfants qu’on vole et des parents qui n’ont aucun recours. La mise en lumière de cet état de fait, loin de n’être que romanesque, est d’une cruauté indicible et pourtant si bien développée dans ce roman.

Ajoutez à cela une écriture dense et impeccable, une intrigue policière parfaite à tous points de vue, aussi bien pour le rythme et le suspense que l’histoire, et vous obtenez un polar qui vous hantera encore après avoir tourné les dernières pages. Une réussite totale !

Chronique réalisée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

♣  Ce roman a reçu deux prix : le Prix Sang d’encre des lycéens 2010 & le Prix Lion noir 2011. Largement mérités je dois dire 😉

Points, 2012, ISBN 978-2-7578-2894-6, 423 pages, 7,90 €

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