« Une maison de poupée », de Henrik Ibsen

Je n’ai pas l’habitude de lire des pièces de théâtre. Non pas que je n’aime pas le théâtre, mais je prends bien plus plaisir à voir une pièce qu’à lire le texte. Après tout, une pièce est destinée à être jouée. Mais comme je ne vais pas au théâtre tous les week-ends, loin s’en faut, ça fait du bien d’en lire de temps en temps.

Ce livre m’a été prêtée par Myiuki dans le cadre du challenge Littératures nordiques. Si je connais un peu la littérature scandinave, mes connaissances ne vont pas au-delà du roman. Alors découvrir le théâtre norvégien du 19è siècle, c’est une grande première pour moi !

La pièce est présentée par une longue introduction de Régis Boyer, qui est aussi le traducteur. Alors je vais être honnête, au début je voulais la lire en entier et consciencieusement. Mais je décrochais à chaque page, si bien que j’ai abandonné. Il y a des introductions qui gâchent tout en racontant l’histoire, et d’autres qui parlent d’éléments tellement inconnus qu’on ne retient rien. Dans mon cas c’était cette dernière option.

Résumé : la pièce se passe dans le salon de Nora et Torvald Helmer. C’est la veille de Noël et Nora est toute excitée à l’idée de faire un vrai réveillon maintenant que son mari a obtenu le poste de directeur de banque. Ils peuvent désormais vivre sans privation. Mais Nora cache un secret à son mari, en passe d’être révélé.

Mon avis : je suis agréablement surprise par cette découverte. Le titre et la couverture m’évoquaient un conte à la Andersen, et en réalité il n’en est rien.

L’histoire n’est pas palpitante au début. Nora revient de la ville chargée de paquets, car elle veut fêter dignement Noël. Son mari modère son enthousiasme en la cajolant malgré tout. On est vraiment dans le cliché du 19è siècle, qui me plaisait beaucoup fut un temps mais qui commence à m’ennuyer maintenant. A savoir : la femme toute guillerette et dépensière, et l’homme plus rigide mais qui passe tous les caprices de sa femme. Ahem… D’autres temps, d’autres moeurs n’est-ce pas ?

Passons… L’affaire se corse pour Nora lorsqu’une de ses amies qu’elle n’a pas revue depuis longtemps vient lui rendre visite. Nora rayonne de bonheur, avec sa belle demeure, l’avancement de son mari, la société qu’elle fréquente etc, et elle dit tout ça à sa pauvre amie Kristine qui est veuve et doit trouver un travail pour gagner sa vie. Voyons Nora, un peu de décence tout de même !

Et puis Nora révèle à son amie son secret. Je vous en fais part car ce n’est pas le secret du siècle : elle n’avait pas obtenu de son père l’argent pour soigner son mari en Italie ; elle l’avait emprunté. Horreur, malheur ! Si seulement son mari l’apprenait… et justement, un évènement va survenir qui va sérieusement menacer le nuage de bonheur qui plane sur le couple Helmer.

Alors je me moque gentiment de ces préoccupations qui sont exagérées pour notre époque, mais je sais mettre en perspective (et oui) et il est évident que pour le 19è siècle, alors que le rôle de la femme était de faire la coquette et de laisser le mari aux affaires (je caricature mais quand même), l’affaire est grave. Et cette partie est très plaisante à suivre.

Pourtant, le meilleur est pour la toute fin. Il aura suffi d’une parole de Torvald pour qu’elle remette en question tout ce sur quoi était fondé leur foyer. Tout ce qui formait leur couple et ce qui était l’apanage du modèle conjugal de l’époque. Nora m’a bluffée. Et à travers elle, c’est Ibsen qui a forcé mon admiration. Quel discours ! Quelle vision avant-gardiste de la femme ! J’ai adoré lire cette partie, pour un homme du 19è siècle décrié dans son pays (comme quoi j’ai retenu un peu de ce qui a été dit dans l’intro), c’est admirable. Et ma vision de la pièce de théâtre s’en est trouvée chamboulée. Parce qu’on se rend compte que la légèreté de ton du début était là pour amener le message de fin, et tout est remis en question.

Je suis vraiment agréablement surprise par cette lecture, et je remercie Myiuki sans qui je ne me serai jamais penchée sur Une maison de poupée.

GF-Flammarion, 1994, ISBN 978-2-08-070792-2, 249 pages

 

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16 réflexions au sujet de « « Une maison de poupée », de Henrik Ibsen »

  1. C’est le grand talent d’Ibsen, dans la plupart de ces pièces, qui sont des critiques de la société, on commence doucement, c’est banal, mais, à un moment, un secret « honteux » est révélé et là, le texte prend toute sa signification et on a qu’une envie : relire le début pour mieux chercher les sous-entendus … J’ai adoré découvrir ce texte à l’université et j’en ai gardé un très bon souvenir. Être féministe ou ne pas être … A bientôt et merci encore d’avoir accepté de voyager avec ce livre 😀

  2. Je l’ai lu il y a longtemps, je le note au cas où il me passerait sous les yeux, j’ai un peu de mal avec les pièces de théâtre à l’écrit… Mais bon, je ne veux pas rester sur ces a priori non plus…

  3. une adaptation en est prévue la saison prochaine pas loin de chez moi, cela donne envie d’aller voir ce que cela donnera sur scène!

A vous les micros !

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