« Adieu Midori », de Q-Ta Minami

C’est ma copine Lilith qui a eu l’idée de m’offrir cet ouvrage, le qualifiant de « osé » mais espérant tout de même que ça me plairait. A priori je n’ai pas de problèmes avec le « osé », tant que ce n’est pas vulgaire, ça peut tout à fait me plaire. En feuilletant les pages j’ai beaucoup aimé les traits nets, les planches épurées, à l’opposé de certains mangas qui sont tellement fouillis dans leurs dessins qu’on a peine à distinguer qui est qui et qui fait quoi.

Résumé : Yûko a 20 ans et essaye de joindre les deux bouts avec son métier d’assistante. Elle fréquente Yutaka, un jeune homme extraverti et insouciant, avec qui elle couche mais ne sort pas. Des sex friends en quelque sorte. Yutaka propose à Yûko de travailler le soir en tant qu’hôtesse, pour arrondir ses fins de mois.

Mon avis : j’ai beaucoup aimé !

Premièrement pour les dessins. Ca fait du bien de ne pas loucher sur les planches pour essayer de comprendre ce qui se passe. C’est un peu caricatural évidemment, mais il m’arrive souvent d’être freinée dans ma lecture par des dessins trop fouillis. Ici tout est clair, pointilleux mais épuré, et on reconnait au premier coup d’oeil chaque personnage.

Ensuite pour l’histoire. Rien de bien exceptionnel en réalité, mais j’aime bien les tranches de vie. Surtout quand c’est aussi bien traité. Il s’agit d’histoires de jeunes de vingt ans. On sort, on boit, on tombe amoureux, ou pas. Les sentiments sont pudiques, alors que les corps se donnent facilement.

Le personnage de Yûko m’a beaucoup plu. Cette jeune fille est très douce mais courageuse. Elle est amoureuse de Yutaka mais pas tout à fait sûre de ce qu’elle veut avec lui. Ni avec le reste, on la sent encore pleine de doutes ; elle avance mais ne sait pas vers quoi.

Les autres personnages sont plus forts en caractère : Yutaka, même si sous ses airs de tombeur il cache une sensibilité touchante. Yuki, l’employée de Yutaka, est une blonde à forte poitrine qui joue les potiches alors qu’elle en a plus dans la tête qu’elle veut bien le laisser croire. Tous les personnages jouent un double jeu en réalité, pas pour nuire aux autres, mais par une sorte de pudeur adolescente.

Alors oui, ce n’est pas un seinen à mettre entre toutes les mains, mais entre nous les scènes de sexe à la japonaise n’ont rien de cru. Certains passages de romans sont nettement plus éloquents. Et puis il y a beaucoup de tendresse qui se dégage. Il n’y a rien de mièvre pour autant, c’est même violent parfois. Quand dans la chambre de Yûko Yukata lui annonce qu’il a couché avec Yuki, la jeune fille fait face malgré sa peine, car elle ne se sent pas le droit de reprocher à Yukata d’aller voir ailleurs alors qu’elle ne met pas de nom sur leur relation.

Les questions amoureuses des jeunes entre eux m’indiffèrent la plupart du temps, mais ici j’ai trouvé que c’était traité avec justesse et sensibilité.  Merci Lilith pour cette découverte 🙂

Casterman, 2006, ISBN 978-2-203-37344-0, 214 pages, 10,95 €

Retrouvez les autres billets BDs du jour chez Mango !

Publicités

14 réflexions au sujet de « « Adieu Midori », de Q-Ta Minami »

  1. Je suis très contente de voir que ce livre t’a plu pour les même raisons que moi.

    J’ai beaucoup aimé voir les personnages se débattre avec leurs questionnements, ceux des autres et avec leur avenir.

    J’ai également aussi bien aimer le traitement que l’auteur a fait de l’amour, du sexe et du corps en les dissociant, puis en les mélangeant.
    En laissant les personnages perdus entre sentiments et sensations, le lecteur s’interroge lui même sur ce qu’il donne ou pas à son ou ses partenaires.

    J’ai trouvé ce manga intéressant de ce point de vue là et je suis heureuse de voir que ce récit qui semble à première vu « anodin » ai pu te toucher.

      1. Merci pour cette information (pendant un moment je me suis demandée s’il n’y avait pas une faute de frappe… mais je ne trouvais pas le bon mot).

        Pour les mangas je suis un peu comme toi. Outre le fait que lire à l’envers me fait des nœuds dans le cerveau, les dessins me rebutent. D’ailleurs à l’heure actuelle je n’en ai lu qu’un et je ne vous le conseille pas!

  2. De rien, tu as bien fait de demander ^^
    Et je n’ai pas de mal avec la plupart des mangas, ce sont en général les dessins de bastons sur lesquels je dois me pencher pour comprendre ce qui se passe. Et certains mangakas (auteurs/dessinateurs de mangas) ont tendance à donner la même tronche à tous leurs persos ! Ca c’est particulièrement pénible…

  3. Je ne lis pas les mangas. J’ai essayé mais n’y suis pas arrivée ! Moi aussi j’ai appris un mot chez toi… seinen.

A vous les micros !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s