« Marina », de Carlos Ruiz Zafón

Carlos Ruiz Zafón est un auteur espagnol plutôt connu, dont j’ai entendu beaucoup de bien et qu’il me tardait de lire. J’avais lu des critiques enthousiastes de Marina à sa sortie en France et le résumé me plaisait bien, j’attendais donc qu’il atterrisse sur ma PAL avec impatience. Etonnamment, ce roman a paru en Espagne en 1999 mais ce n’est qu’aprés sa réédition dix ans plus tard qu’il a connu le succès qu’on lui connait.

Voici ce que l’auteur dit à propos de Marina :

Pour une raison bizarre, sans qu’on sache se l’expliquer, on se sent parfois plus proche d’un de ses enfants. De tous les livres que j’ai écrits, Marina est l’un de mes favoris. Au fur et à mesure que j’avançais dans l’écriture, tout dans cette histoire prenait peu à peu le goût des adieux, et quand je l’eus terminée, j’eus l’impression que quelque chose était resté au fond de moi, quelque chose qu’aujourd’hui encore je ne peux définir mais qui me manque chaque jour.

Résumé : en mai 1980, le jeune Óscar a disparu de son internat depuis une semaine lorsqu’un policier le retrouve dans la gare de Barcelone. L’adolescent retourne à son internat mais ne dira jamais à quiconque ce qu’il a fait durant cette semaine. Quinze ans plus tard, il nous livre son secret.

Mon avis : voilà une histoire qui commence sous les meilleurs auspices ! Un secret gardé pendant la moitié de sa vie, quel peut-il être ? Ca me donne immédiatement envie d’avancer dans ma lecture et de le découvrir !

Le début du roman est un pur régal. Óscar vit à Barcelone à la fin des années 70. Son internat surplombe la ville et dans les alentours il se promène aussi bien dans les beaux quartiers que dans des rues complètement laissées à l’abandon. Il n’en a pas le droit normalement, mais chaque soir après les cours, il se glisse par une porte dérobée hors de l’établissement et part déambuler jusqu’à l’heure du dîner.

Lors d’une de ses balades, il voit une maison délabrée, de laquelle une musique d’opéra s’échappe. C’est là qu’il rencontrera Marina et son père. Tous deux vivent isolés, le père dans le souvenir de sa femme morte de maladie, et la fille en s’occupant de lui. Une profonde et sincère amitié va lier les trois personnages, qui vont apprendre à se connaître chaque jour un peu plus et nous révéler quelques secrets (mais pas le GRAND secret). Avec l’écriture enchanteresse de Zafón, c’est franchement un plaisir de suivre cette histoire.

Ensuite on entre dans le vif du sujet. Marina amène son ami au cimetière du quartier, celui des pauvres. Personne ne sait jamais dire où se trouve ce cimetière d’ailleurs. La jeune fille veut montrer à Óscar une femme qui s’y rend tous les derniers dimanches du mois, qui dépose une rose sur une tombe sans nom mais avec un papillon taillé dans le marbre. Ils la suivent et c’est pour eux le début d’une aventure mystérieuse et macabre.

Je ne m’attendais pas du tout à ce que l’intrigue prenne un tel virage. On commence avec une douce histoire d’amitié, une tranche de vie avec un peu de piquant pour que ce soit un minimum intéressant, et puis tout à coup l’intrigue tourne au récit fantastique et au polar. Et j’ai beaucoup moins aimé. Deux gamins qui se lancent dans une enquête pour comprendre qui est sous cette tombe, ça pourrait être passionnant ; mais les faire aller de porte en porte poser des questions à des adultes qui auraient toutes les raisons de les envoyer balader mais ne le font pas, ça ne colle pas à mon sens. J’ai trouvé le fin mot de l’histoire peu intéressant, et la façon dont le secret se révèle peu à peu assez ennuyeuse.

Finalement je n’ai pas beaucoup apprécié ce roman, que j’ai dévoré au début parce que j’adorais l’histoire, et que j’ai dévoré ensuite pour en finir et passer à autre chose.

Remerciement : Merci à Mélo pour m’avoir prêté ce roman qu’elle fait voyager. Il va maintenant partir vers d’autres aventures 🙂

Robert Laffont, 2011, ISBN 978-2-221-11652-4, 304 pages, 19 € (livre sorti en poche chez Pocket)

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21 réflexions au sujet de « « Marina », de Carlos Ruiz Zafón »

  1. Arf, dommage on sent que le début t’a énormément plu, je pensais que ça allait le faire et puis on voit que la suite t’a beaucoup déçue, c’est bête quand ça commence si bien.
    Du coup, je ne pense le lire que si je tombe dessus à l’occasion d’un détour en bibliothèque.

  2. je n’ai encore jamais lu cet auteur. Ce livre me plairait bien je pense mais je n’ai lu que des avis mitigé pour le moment alors j’attends !

    1. Tu me rassures, j’ai eu peur de mal juger le livre du fait que l’histoire n’a pas tourné comme je m’y attendais. Mais si tu as lu d’autres avis mitigés c’est que ça ne vient pas que de moi 😉

  3. J’ai très envie de lire ce roman. J’avais lu il y a de nombreuses années L’ombre du vent, que j’avais adoré. J’aime beaucoup l’écriture de l’auteur.

    1. Même si l’histoire ne m’a pas convaincue j’ai adoré l’écriture de Zafon, et je compte bien le lire encore. « L’ombre du vent » est dans ma liste d’envies 🙂

  4. Il faut absolument que tu lises « L’ombre du vent » ! C’est un de mes premiers coups de coeur de 2012, je l’ai dévoré même si il est assez conséquent ! Et puis, une histoire de secrets dans le monde de l’édition et de l’écriture, quoi de mieux ? 😉
    Du coup, tu me confirmes quand même que je n’ai pas envie de lire « Marina » ^^ J’ai tellement été séduite par « L’ombre du vent », que j’ai peur d’être déçue de tous ses autres romans…

    1. Au moins je n’ai pas commencé par le meilleur, c’est déjà ça de pris 😉 Et si c’est un de tes gros coups de coeur, je te fais confiance, il doit vraiment valoir le coup !

  5. C’est le premier roman de Zafon que tu lis ? j’ai trouvé « Marina » plus plausible que « le jeu de l’ange », mais mon préféré reste « L’ombre du vent » ! tu as de la chance d’avoir encore ces romans à lire !

  6. Il m’a tenté, mais les avis mitigés, dont le tien, m’en ont éloignée… Je risque de buter sur la même déception que toi, même en le sachant. Je crois que je tenterai plutôt L’ombre du vent que je n’ai pas encore lu non plus. 🙂

    1. Si ce roman est si bien que ça autant commencer directement par le meilleur. « Marina » m’a permis de découvrir la plume de Zafon mais l’histoire ne me laissera pas un grand souvenir.

  7. Un très bon début suivi d’un virage décevant? Exactement ce que j’ai pensé de « L’ombre du vent », qui tient plus de la telenovela que du livre qui crée un univers. Mais bon, mon avis n’est pas largement partagé ^_^.

  8. Il y a toujours une petite dose de fantastique dans les romans de Zafon, c’est ce qui lui donne son goût un peu spécial, pas désagréable à mes yeux.

  9. Je l’ai noté depuis sa sortie. J’ai aimé L’Ombre du vent. Maintenant, à la lecture de ton billet, je ne suis pas prête de l’intégrer à ma PAL !

    1. Si ça peut t’éviter une déception tant mieux. Si tu loupes une occasion de te régaler je culpabilise. Les goûts et les couleurs, c’est tellement aléatoire…

A vous les micros !

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