« Pablo : Tome 1 – Max Jacob », Julie Birmant & Clément Oubrerie

 OliV nous avait proposé il y a quelques semaines une Lecture Commune BD, et je ne pouvais décemment pas dire non, bien au contraire, je trouvais l’idée excellente ! Il nous avait donc proposé une sélection de trois titres et demandé de voter pour élire celle qui serait choisie. C’est le premier tome de Pablo qui est arrivé en tête, et cela tombe plutôt bien, cette nouvelle série figurait dans ma wishlist puisque j’aime beaucoup les BDs historiques et/ou biographiques.

Vous l’aurez compris, cette BD parle bien du grand artiste Pablo Picasso.

Si souvent on commence par un récit depuis l’enfance, qui explique le personnage, ses épreuves, ses bonheurs, pourquoi il est devenu ce qu’il est devenu etc, ici, il n’en est rien. Nous assistons à la naissance de Pablo, mais en tant qu’artiste.

L’histoire démarre en 1900, lors de l’Exposition Universelle de Paris. Picasso s’y rend avec son ami Casagemas, dans l’espoir de profiter de l’effervescence culturelle pour faire valoir ses tableaux. Là il rencontre Pedro Mañach, marchand d’art qui sera son agent. Il parviendra à persuader une galeriste influente, Berthe Weill, de lui prendre ses tableaux. Et étonnamment, elle les vendit très vite.

A Paris, Pablo et Casagemas s’installent dans l’atelier d’un ami peintre, Nonell, à Montmartre. La vie qu’ils y mènent est rythmée entre débauche et peinture. J’ai eu du mal à ma mettre dans la tête qu’on était encore au tout début du XXè siècle. L’ambiance ressemble plutôt à l’idée que je me fais des années 20, les années folles, pendant lesquelles on veut oublier l’horreur de la guerre et boire sa vie jusqu’à plus soif. Mais visiblement les Parisiennes avaient déjà des moeurs très légères en 1900, orgies et ribambelle d’amants au programme ^^

Mais cela n’empêche pas qu’il y a une place pour l’amour, et Casagemas est amoureux fou de Germaine, qui ne le lui rend pas très bien. De désespoir, Casagemas se tue, après avoir tenté de la tuer avec lui. C’est une véritable tragédie pour Pablo, qui dans une nuit de beuverie solitaire exorcisera sa peine en peignant La Mort de Casagemas :

Cette peinture marque un tournant dans la carrière du peintre. Et si ce premier tome s’intititule Max Jacob, ça n’est pas un hasard. Ce poète va tomber amoureux de l’oeuvre de Picasso,  et peut-être même du peintre. En tout cas il va l’héberger et lui redonner confiance en lui, l’aider à se dépasser.

C’est une voix-off étonnante qui raconte cette histoire : celle de Fernande Olivier. Alias Amélie Lang. Alias Amélie Percheron. Entre une famille d’accueil peu aimante et un mari violent, Amélie a toujours essayé de fuir sa vie. Elle n’y a réussi qu’en devenant modèle au Bateau-Lavoir, cet atelier géant de Montmartre qui a réuni les plus grands artistes en son temps. Et c’est là qu’elle a rencontré Pablo.

Pour moi qui ne connaissait de Pablo que sa petite silhouette de vieil homme et ses courants de peinture : période bleue, période rose, cubisme… l’immersion dans son histoire a été totale et très intéressante. Parce que connaître la vie d’un artiste, c’est souvent comprendre une époque, un mode de vie, une façon de penser. C’est capter l’essence d’une période donnée. Et j’ai adoré vivre quelques dizaines de minutes la vie à Paris dans les années 1900.

Et puis la vie de Pablo a de quoi produire une histoire passionnante, comme celle de Fernande d’ailleurs. Lire l’histoire de ce petit homme espagnol qui débarque à Paris ne sachant pas un mot de français, et qui deviendra ce que l’on sait, ça me fascine.

Quand aux dessins, j’ai aimé retrouver les traits de Clément Oubrerie qui me sont familiers puisque je l’ai découvert avec la série Aya de Yopougon. Cette fois on est loin de la Côte d’Ivoire mais on reconnait son coup de crayon, qui se prête parfaitement au scénario de Julie Birmant.

Pour faire bref j’ai adoré cette lecture, enrichissante et prenante, et j’espère que nous n’aurons pas trop à attendre avant de découvrir la suite des aventures de Pablo. Merci à OliV pour cette LC !

Mes compagnons de lecture pour cette LC : OliV, Tête de Litote, Yvan

Retrouvez les autres billets BDs du jour chez Mango !

Dargaud, ISBN 978-2-205-06936-5, 88 pages, 16,95 €

Publicités

27 réflexions au sujet de « « Pablo : Tome 1 – Max Jacob », Julie Birmant & Clément Oubrerie »

  1. J’ai bien le sujet, c’est chouette de pouvoir découvrir un artiste ou une personnalité de manière plus originale. Maintenant, les graphismes ne me tentent pas plus que ça et comme je suis déjà pas BDs… Je pense pas que je la lirai, mais sur un malentendu lol 😀

  2. Merci de nous avoir incités à lire cette BD, je suis très contente de m’être lancée, elle vaut vraiment le coup 🙂
    A bientôt OliV ^^

  3. Je ne pense pas que je vais tarder à découvrir cette BD : elle a l’air somptueuse ! Et si en plus, je peux apprendre des trucs, alors là je signe tout de suite 🙂

  4. Si comme moi tu ne connais pas grand chose de Picasso, tu vas en apprendre des choses ! Et l’objet lui-même est très beau, c’est vraiment une très bonne BD à tous points de vue ^^

    1. C’est dommage que tu n’aies pas pu la recevoir à temps 😦 J’espère que ton avis sera aussi enthousiaste que les nôtres en tout cas 😉

      1. et, j’espère pouvoir vous faire une petite surprise debut juin lors du passage de Clement Oubrerie à Montpellier … à suivre !

  5. Pablo c’est le nom de mon chat adoré (mon préféré sur les 4), mais il ne doit pas son prénom à Picasso mais à Neruda.
    Bisous et bon we. Je te tiens au courant pour le livre, la copine qui devait aller le poster a eu un accident aujourd’hui, rien de grave, mais voiture HS. Merci de ta patience, si c’est vraiment trop long je le posterai depuis ici.

    1. C’est bien aussi Neruda ^^
      Je suis désolée pour ta copine, même si elle n’a rien, une voiture HS c’est rageant. Pour le livre tu me l’enverras quand tu pourras, ne t’en fais pas. Jette un coup d’oeil à ma liste de SPs et tu verras que j’ai du travail qui m’attend, donc j’ai tout le temps avant de me mettre à Mabanckou ^^
      Bises et profite bien de ton week-end (moi je bosse comme d’habitude, les joies du commerce :/)

        1. C’est ce que j’avais cru comprendre avec le message de Baern ce matin, vous travaillez plus que nous décidément ! Bisous Pat

  6. Oulà le découverte de cette BD n’est pas gagné pour moi !!!

    Comme tu le sais je me suis inscrite au Swap « l’art dans tous ses états » proposé par Tête de litote.
    Et je lui disait justement qu’il n’y avait que le cubisme auquel j’étais hermétiquement fermée !

    En tout cas merci d’avoir mis à notre vu les planches de la BD.
    Ça tentera peut être d’autre réfractaires au courant surréaliste que moi.
    Pour ma part c’est vérifié j’y suis complètement allergique !

    1. Ce qu’il y a c’est que c’est plus une BD sur l’homme que sur le peintre, même si évidemment on ne peut pas parler de Picasso sans évoquer sa peinture. Mais dans ce premier tome on ne parle pas du tout de cubisme, les dessins sont figuratifs, et on voit à peine sa période bleue 🙂

A vous les micros !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s