« Hamelin », d’André Houot et Jocelyne Charrance

Cette semaine je n’ai pas eu le temps de lire une BD pour ce rendez-vous du mercredi, mais je ne m’avoue pas vaincue ! Je vais vous présenter une BD que j’ai lue il y a quelques mois pour les Chroniques de l’Imaginaire et qui m’a énormément plu.

L’histoire du joueur de flûte de Hamelin est une légende allemande très connue, qui remonte au Moyen-Âge, et plus précisément à l’an 1284. La ville de Hamelin aurait été envahie par des milliers de rats, et en aurait été libérée par un dératiseur particulier : un joueur de flûte. C’est cette histoire qu’a choisi de nous raconter André Houot.

Tout commence avec un cochon, accusé d’avoir tué un petit garçon. Le procès a lieu, l’animal est soumis à la question, et la sentence tombe : coupable ! Mais quitte à juger les animaux, les rats ne devraient-ils pas aussi être mis en cause ? Les habitants affamés n’en peuvent plus ; les rats mangent leurs poules, leurs récoltes, et la coupe est pleine lorsqu’ils s’en prennent à un vagabond. Le bourgmestre n’a plus le choix, il faut dératiser la ville, et face aux échecs des dératiseurs des villages voisins, il fait appel à un spécialiste, sans connaître sa méthode. Le joueur de flûte parvient à débarrasser Hamelin de ses rats, grâce à un air les envoûtant. Mais au moment de recevoir son dû, le bourgmestre ne lui donne pas la somme promise. Le joueur de flûte quitte la ville, la rancune au coeur. Il reviendra se venger.

La fin de l’histoire est connue, mais je la tairai pour ne pas gâcher la surprise à ceux qui ne la connaissent pas. D’ailleurs qu’on sache déjà ce que la bande-dessinée va raconter n’est absolument pas gênant à la lecture, au contraire. C’est une façon fort agréable de se remettre en tête la légende. André Houot a choisi de faire raconter l’histoire par un conteur, et pas n’importe lequel puisqu’il s’agit d’un vieillard qui a vécu cette tragédie lorsqu’il était enfant. Ses interventions au cours de l’histoire sont bien dissociées de celles des personnages présents, grâce à une police gothique, de jolies lettrines, et des rimes. Visuellement c’est un travail extrêmement soigné et délicat. Les dessins sont magnifiques, précis, que ce soient les maisons à colombage, les vêtements, les traits des visages, la multitude de la foule ou des rats. Quant aux couleurs de Jocelyne Charrance, elles sont tout simplement superbes et contribuent énormément à la beauté des planches, qui inspirent au lecteur une atmosphère de conte, en adéquation avec l’histoire. En parallèle de l’intrigue principale l’auteur raconte une histoire au sein de la ville, liée au thème de la sorcellerie. Une jeune fille est soupçonnée d’être une sorcière, à cause de ses yeux, si beaux qu’ils envoûtent les hommes. Cela ajouté au procès du cochon contribue à placer l’histoire dans un contexte moyenageux aux croyances surnaturelles, et donne encore plus d’intérêt au récit.

L’auteur précise en début d’ouvrage qu’il ne s’est pas attaché à restituer un Moyen-Âge authentique mais un Moyen-Âge qui ne trahisse pas les rêves du lecteur. C’est exactement ça, les dessins sont à l’image de l’idée que tout un chacun se fait de cette période, et peu importe si certains détails sont anachroniques, après tout il s’agit d’une légende. Hamelin en est une adaptation très réussie, à la fois fidèle et originale, qui plaira je pense à un grand nombre de lecteurs.

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Glénat Grafica, ISBN 978-2-7234-7274-6, 48 pages, 13,50 €

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12 réflexions au sujet de « « Hamelin », d’André Houot et Jocelyne Charrance »

  1. D’emblée, ça me plaît, ne serait-ce que pour me remémorer cette jolie histoire que j’avais oubliée . Si la couverture ne me plaît pas trop, en revanche la planche que tu montres m’enchante. Si tout est comme ça, nul doute que j’aimerai.

  2. Oui, toute la BD est comme ça, les dessins sont d’une précision éblouissante et les couleurs « au diapason » pour citer Jérome 😉 C’est magnifique.

  3. Je connais l’histoire et la chanson…
    Un étranger est arrivé un beau soir
    De son pipeau il tirait des sons bizarres
    Ses cheveux longs lui donnaient l’air
    D’un vagabond…
    Et je note ! j’aime la couverture.

A vous les micros !

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