« Les Morsures de l’ombre », Karine Giebel

Cela fait quelques semaines que j’entends beaucoup parler de Karine Giebel à l’occasion de la sortie de son nouveau roman Juste une ombre chez Fleuve Noir. Elle écrirait des romans au suspense haletant, tels que je le aime. Pour se faire une idée, il faut tenter, et en repérant Les Morsures de l’ombre dans les rayonnages de la médiathèque je n’ai pas hésité.

Résumé : Benoit est policier à Besançon. Il se réveille un matin dans un endroit qu’il ne connait pas, enfermé dans la cage d’un sous-sol. Il n’a aucun souvenir de ce qui s’est passé.

Mon avis : L’histoire commence un peu comme celle de Vertige de Franck Thilliez, même si le décor est différent et que Benoit est seul dans ca cage. Au début il observe, essaye de rassembler ses souvenirs, se demande ce qu’il fait là, et surtout pourquoi il est là. Cependant, il n’aura pas à attendre longtemps avant de savoir qui l’a enfermé. Sa geôlière apparait très vite. C’est une très jolie jeune rousse, aux cheveux flamboyants. Elle ressemble à tout sauf à une tortionnaire. Et pourtant…

Lydia joue franc jeu avec lui dès le départ : il va payer pour ce qu’il a fait. Mais croyant qu’il fait semblant de ne pas savoir de quoi elle parle, refuse d’expliciter la raison de cet acharnement. La narration veut que nous ayons un accès direct aux pensées de Benoit, et qu’il ne sait absolument pas ce qu’elle lui reproche. Mais peut-être Benoit se joue-t-il du lecteur ?

Pour une partie du roman il s’agit donc d’un huis clos, et comme tous les huis clos, il y a une confrontation psychologique qui tourne tantôt à l’avantage de l’un et tantôt à l’avantage de l’autre. Même si c’est souvent l’autre qui gagne. Le lecteur est dans le doute total. Qui dit la vérité ? Lydia l’accuse, mais il apparait vite qu’elle a une araignée au plafond… Mais ces preuves… On ne sait pas qui croire, et tout au long de l’affrontement, bien plus que psychologique, on se demande si Benoit est réellement innoncent, ou s’il ne va pas se révéler être une sorte de Keyser Söze.

Une autre partie du roman est consacrée à l’enquête. Avec le patron de Benoit, qui lui en veut d’avoir découvert ses problèmes de jeux et de drogue. Sa collègue Djamila, qui n’a pas digéré qu’il l’ait jetée après une aventure sans lendemain. Et puis il y a sa femme, qui ne le lui a jamais dit, mais qui sait très bien qu’il couchait avec  tout ce qui bougeait. Ainsi, pendant que Benoit est enfermé et torturé dans un sous-sol, nous assistons aux avancées de la police qui piétine plus qu’autre chose. Mais ce qui est intéressant avec cette enquête c’est que cela nous donne accès à un pan de la personnalité de Benoit qui nous est inaccessible lorsque nous sommes avec lui dans cette cave. Ce qui nous fait cogiter davantage.

Pour moi qui adore les huis clos ce roman est impeccable. Il y a du rythme, le suspense est bien maîtrisé, on se pose plein de questions. Et c’est essentiel pour un bon thriller, on s’interroge sans jamais être sûr de tenir le bon fil. Les phrases sont courtes, punchy, ce qui donne à ce roman une dynamique qui pousse à tourner les pages encore et encore. Quant au fin mot de l’histoire, c’était une piste sur laquelle j’avais posé un pied donc je n’ai pas été plus surprise que cela. Mais ça, c’est parce que j’ai l’habitude des romans policiers. Car autrement, l’histoire est vraiment bien construite et la fin est à la hauteur du reste du roman.

Je vais donc continuer de m’intéresser à Karine Giebel 🙂

Fleuve Noir, ISBN 978-2-265-08584-8, 291 pages, 14,90 €

 

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15 réflexions au sujet de « « Les Morsures de l’ombre », Karine Giebel »

  1. C’est marrant, je crois que je connais Karine Giebel…. J’ai pas osé le lui demander en direct, amis ce ne pouvait être qu’elle, on bossait au même endroit. J’ai tellement entendu parlé de ses bouquins par d’autres que je ne les ai bien sur jamais lus… ;-)))
    Mais depuis quelques temps, et surtout depuis que je me doute de qui elle est…J’avoue que ça me tente de plus en plus…

  2. C’est vrai qu’elle vient du même coin que toi ^^ Tu n’es pas sûre de la connaître parce que c’est un pseudo ?
    Dire que Clark a travaillé avec Franck Thilliez… Peut-être que je connais une future star aussi :))
    Pour les bouquins elle a beaucoup de très bons échos donc si tu aimes les thrillers, tu peux te laisser tenter à priori

  3. son nom de famille est un pseudo, mais j’ai eu l’occasion de rentrer dans son bureau et y’avait toutes les couvertures des bouquins au mur…
    On savait qu’on avait un auteur dans la boite, mais comme il y a plusieurs Karine….

  4. Qu’est-ce qui t’a manqué ? Pour ma part il n’y a pas coup de coeur, j’en ai lu de meilleurs, mais j’ai trouvé l’exercice bien maîtrisé.

  5. J’avais fait un billet il y a quelques mois mais globalement c’est le manque de nuances qui m’a gênée, ainsi que le côté trop glauque auquel je n’ai parfois pas trouvé d’intérêts.
    Je suis pourtant friande de polars/thrillers à mes heures. Mais je me réserve Meurtres pour rédemption et Juste une ombre (et le problème qui se pose est : par lequel vais-je commencer ? ma raison me dit de commencer par le premier mais mon envie me pousse à me plonger dans le tout nouveau tout beau)
    (http://lesmotsdemelo.com/2012/01/les-morsures-de-lombre-karine-giebel/)

  6. J’ai « Fractures » dans ma PAL, ça tombe bien, je pourrai comparer ^^ Tu me diras ce que tu as pensé de « Terminus Elicius » ! Enfin, je lirai ton billet attentivement plutôt 😉

  7. J’ai détesté ce live, je l’ai trouvé trop glauque et sanglant. Avec plein de cruauté gratuite et malsaine. Je trouve qu’il flatte les plus bas instincts des lecteurs. Pourtant je suis une habituée des thriller, mais là je n’ai vraiment pas aimé

  8. J’adore le glauque, et le malsain dans une certaine mesure, tout ne passe pas. C’est le gore que je n’aime pas. J’aime beaucoup ce genre d’histoires, mais je comprends totalement qu’on n’adhère pas 🙂 Et je ne suis juste pas d’accord sur le côté gratuit de l’acte. Lydia a de bonnes raisons de se venger, même si les moyens employés sont démesurés, je te l’accorde 😉

  9. Je viens de terminer ce récit qui m’a tenu en haleine pendant deux jours.
    J’ai beaucoup aimé bien que certains éléments m’empêchent d’en faire un coup de coeur comme ce côté répétitif des tortures de Lydia dans la cave.
    Les personnages responsables de la mort de la gamine ne sont pas très développés.
    Un bon polar quand même.
    Bon weekend.

A vous les micros !

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