« Le rêve mexicain », Ramon de España & Segui

Pout cette BD j’y suis encore une fois allée au hasard, ne connaissant ni le titre ni les auteurs. Mais en lisant la quatrième de couverture par curiosité j’ai lu « road movie », et c’est une expression qui fait tilt à tous les coups chez moi.

Résumé : rien ne va plus pour Carlos depuis que Carmen l’a quitté. Il n’a plus goût à rien, sombre dans l’alcool, arrive soûl pour ses rendez-vous avec les clients. Il n’a jamais aimé son métier de publicitaire de toutes façons, ce qu’il voulait, c’était être écrivain. C’est à ce moment là que son ami d’enfance, Oscar, débarque à Barcelone après huit ans d’absence. Mais il n’est pas revenu tout à fait seul, de dangereux malfrats sont à ses trousses. Il entraîne Oscar avec lui, le poussant à aller prendre le large sur l’île de Minorque.

Mon avis : il y a un contraste saisissant entre ces deux amis. Carlos est celui qui s’est rangé dans sa case de salarié, n’a pas réussi à aller au bout de ses rêves, et est maintenant seul puisque son amie l’a quitté. Alors qu’Oscar faisait partie d’un groupe de rock, a vécu chichement mais en profitant de la vie sur l’île de Minorque et s’est ensuite engagé dans la marine marchande pendant quatre ans. C’est un aventurier, qui a le goût de la liberté et du changement.

C’est le genre de message qui me parle. J’aime les affranchis, les gens qui vivent leur vie sans se soucier de la place que la société veut leur donner. La liberté d’être soi, peut-on rêver de mieux ?

Mais dans cet ouvrage le propos est nuancé. Certes, les membres du groupe de rock avaient leur petit succès et vivaient de leur musique, mais à part Oscar tous sont morts du SIDA ou d’une overdose. Certes, Carlos apparait comme enchaîné à son travail et à sa vie triste et Oscar comme un jouisseur de la vie, avec son rêve d’aller s’exiler à Santa Teresa au Mexique à portée de main. Mais il y a un prix à payer pour cette liberté, ce que nous découvrons au fur et à mesure de la BD. On dit souvent que notre liberté s’arrête là où commence celle des autres, et en réalité si elle n’empiète pas forcément sur leur liberté, elle a des conséquences sur leur vie. On apprend que Carlos n’a pas quitté Minorque sans laisser seulement un travail derrière lui, il a fait souffrir des gens. Il essaye à présent de réparer ses erreurs mais en faisant pire que mieux. D’ailleurs si des bandits sont à ses trousses ce n’est pas un hasard.

J’ai vraiment adhéré à cette histoire car j’ai accroché au personnage d’Oscar, qui fait ce qui lui semble bien selon ses critères. Qu’il ait tort ou raison, il fait les choses à sa façon. Mais comme cette liberté coûte cher, Oscar en paiera le prix, malheureusement. J’ai surtout retenu ce message mais il ne s’agit pas que d’une réflexion philosophique, pas du tout même, puisqu’elle découle uniquement des diverses actions du récit. Les auteurs nous emmènent à Barcelone, puis à Minorque, il y a des courses-poursuites, des révélations… C’est une intrigue de roman noir qui nous est proposée, dans des dessins noir et blancs très agréables à parcourir. Mais si l’histoire est vraiment pas mal à suivre, c’est tout de même avant tout le destin d’Oscar qui m’a touchée.

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Editions Paquet, ISBN 2-940-334-63-3, 112 pages,

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16 réflexions au sujet de « « Le rêve mexicain », Ramon de España & Segui »

  1. Il me fait envie du coup celui là…Il entre curieusement en résonance avec mon état d’esprit actuel…. Je crois que je vais le rajouter dans ma liste des à lire….

    1. C’est toujours un thème qui me touche beaucoup.
      Je ne suis pas sûre que cette BD se trouve facilement en revanche, je ne l’ai vu que d’occasion sur internet. J’espère que tu as une bonne médiathèque 🙂

      1. Je vais trouver je suis sure….. J’ai un marchand de BD de ma connaissance qui a ou peut avoir à peu près tout ce qui sort…..
        Je l’aime lui….

    1. d’accord, mais je n’ai toujours pas compris le rapport entre l’espagne et le mexique … la réponse doit se trouver dans la lecture … zut, cet album n’est pas présent à la médiathèque près de chez moi … ! arf 🙂

  2. En fait l’histoire se passe en Espagne, mais Oscar rêve d’un coin tranquille à Santa Teresa au Mexique. Pour laisser tout derrière lui, son passé, ses problèmes, et profiter de la vie loin de tout. Un peu comme quand on a envie de tout plaquer pour aller vivre en Polynésie ^^ Lui c’est son rêve mexicain 🙂 Mais entre rêve et réalité, il y a un fossé…

    1. Je regrette de n’avoir qu’une seule vie, une fois un embranchement pris difficile de revenir en arrière. J’aime les livres qui mettent en scène des personnages qui se donnent les moyens de vivre la vie qu’ils souhaitent 🙂 Même si pour cette BD le prix de la liberté se paye très cher.

A vous les micros !

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