« Les Résidents », d’Amelith Deslandes

Amélith Deslandes s’est fait connaître du monde littéraire grâce à ses nouvelles sombres, effrayantes, et un imaginaire sans limite. Il a d’ailleurs publié deux recueils, Les Loges funèbres en 2006, et Chair et tendre en 2010. Les Résidents est son premier roman, publié aux Editions La Madolière, qui m’ont permis de lire cet ouvrage en avant-première.

Présentation éditeur :

Quand Von Würssels convoque Naëlle pour lui proposer une nouvelle mission, il ne s’imagine pas que celle-ci viendrait accompagnée de sa petite soeur Auna et sa simple présence pourrait bien avoir de fâcheuses répercussions.

Un compte à rebours s’enclenche alors. Quelles créatures peuplent la nuit de ce village oublié et maudit ? Qui tue et mutile des femmes sans laisser de traces ? Que cache cette maison à l’architecture démente ?

Mon résumé :

Von Würssels est un riche collectionneur versé dans les antiquités occultes. Pour mettre la main sur un coffret, il fait appel à Naëlle, une enquêtrice qu’il envoie en mission de temps à autre. Elle doit se rendre dans un village abandonné au milieu de la forêt sur les indications d’un homme placé en hôpital psychiatrique après qu’il a tué et dévoré sa famille.

Mon avis :

Vous connaissez tous l’expression tous les chemins mènent à Rome. Eh bien c’est celle à laquelle je pensais à mesure que j’avançais dans le roman. Car l’histoire démarre avec Von Würssels, mais elle se poursuit avec une petite fille étrange, enfermée dans sa chambre. Puis avec un groupe de lettrés qui se fie à des textes ésotériques pour tenter de trouver quel est le meurtrier qui mutile des femmes afin de leur prélever leurs organes génitaux. Et puis il y a Naëlle et son incursion dans la ville fantôme. Ce qui est très déconcertant c’est qu’on est face à un métier à tisser, avec des fils différents qui se croisent et s’entrecroisent sans savoir ce que ça doit donner. Mais plus on avance, plus le motif prend forme, plus on comprend la place de chacun de ses fils dans l’écheveau final.

Au-delà de ces diverses intrigues qui finissent par n’en former qu’une seule, deux perspectives convergentes dominent ce récit.

La trame principale de l’histoire s’appuie sur des faits réalistes. Naëlle doit mener une enquête, pénétrer un village abandonné, puis trouver le coffret. D’autre part, la police, et plus particulièrement Missy, mène l’enquête pour confondre le coupable qui mutile ses victimes d’une façon assez semblable à celle de Jack l’Eventreur. Le groupe d’amateurs de cadavres exquis s’appuie sur une théorie folle mais tout à fait crédible pour expliquer cette série de meurtres.

Mais en marge de cette trame viennent se greffer de nombreux éléments surnaturels. Le principal étant l’idée d’un Temps mort, qui consisterait en l’idée que nous sommes tous colocataires de temps différents et qu’il est possible de passer de l’un à l’autre temporairement. Des objets possèdent des propriétés maléfiques, des personnes sont maléfiques, et peuvent agir et oberver ce qui devrait leur être inaccessible. C’est toute cette part de fantastique qui est fascinante, car c’est elle qui insuffle son rythme au récit, qui distille le doute et la terreur. C’est cet aspect de l’histoire qui reste opaque au départ, voire hermétique, et qui petit à petit corrompt la réalité et l’intensifie. D’ailleurs je ne vous cache pas que même arrivée à la fin de l’histoire j’ai dû reparcourir le roman, car je me rendais compte que j’étais passée à côté de détails importants pour la suite. C’est là mon seul grief. Arrivé à la fin, si l’on prend toute la mesure de la destination vers laquelle Amelith Deslandes voulait nous amener, il reste tout de même quelques flottements. Je n’ai pas saisi toutes les implications de toutes les actions, notamment celles d’Auna, la petite soeur de Naëlle. Apparemment elle a enclenché quelque chose, et si je sais comment elle a pu le faire, je ne vois pas comment elle a pu en être la cause.

Honnêtement je ne sais pas si cela est si important. Peut-être suis-je complètement passée à côté de l’élément crucial. Peut-être pas. Ce qui est certain c’est que j’ai pris grand plaisir à me laisser transporter dans l’imaginaire d’Amelith Deslandes, en essayant de démêler les fils, retournant en arrière pour comprendre les implications d’un nouvel élément. J’ai apprécié également le surnaturel superposé à l’intrigue réaliste, qui nous fait basculer dans l’horreur sans crier gare. De plus l’écriture est soignée, pointue, presque minimaliste pour plus d’efficacité. J’ai au final passé un bon moment de lecture, et après tout, c’est tout ce que je demande !

Remerciements : je tiens à remercier Pénélope des éditions La Madolière pour sa confiance et sa gentillesse. A bientôt j’espère 🙂

 

Editions la Madolière, ISBN 978-2-917454-10-7, 140 pages, 13 € (à paraître le 16 mars 2012)

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5 réflexions au sujet de « « Les Résidents », d’Amelith Deslandes »

  1. Merci …
    Sans vouloir trahir quoi que ce soit, je crois qu’une des intentions de l’auteur est aussi que le lecteur participe au récit, en fabriquant ses propres ramifications, compréhensions, analyses, il déteste le travail mâché pour le cerveau du lecteur, il préfère largement que les neurones bossent.

    Je précise que vous pouvez pré-commander le livre jusqu’au jeudi 15/03 et le recevoir dédicacé par l’auteur.
    http://www.editions-la-madoliere.com/107.htm

A vous les micros !

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