« Bonne nuit Punpun », d’Inio Asano

Bonne nuit Punpun est une des dernières séries publiées aux éditions Kana, et une dont on parle le plus aussi depuis sa sortie en début d’année.

L’auteur s’appelle Inio Asano, et à 31 ans il est un mangaka connu au Japon pour son talent précoce (première publication à 17 ans) et son esprit décalé. Les thématiques qu’il aborde touchent particulièrement la jeunesse et s’ancrent dans un contexte actuel et réaliste, mais il y apporte sa touche de fantaisie aussi bien par l’histoire que par les dessins.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Résumé : Bonne nuit Punpun relate la vie d’un jeune écolier, Punpun, au moment où on passe progressivement de l’enfance à l’âge adulte. C’est un petit bonhomme assez triste, effacé devant ses camarades, qui vit au sein d’un foyer instable. Sa mère ne voulait pas d’enfants et ne témoigne d’aucun amour pour son fils, et son père aime son fils mais c’est un chômeur sans ambition.  De plus les disputes et violences ne sont pas rares à la maison.

Un jour la mère de Punpun se retrouve à l’hôpital, sans qu’on ne sache vraiment s’il y a eu cambriolage ou si elle est tombée sous les coups de son mari, qui sera placé en détention. L’oncle de Punpun, chômeur aussi, s’installe dans leur maison pour s’occuper de lui en attendant que les choses reviennent à la normale. Il est à l’écoute de Punpun sans être intrusif. De son côté Punpun est amoureux d’Aiko, qui l’a menacé de le tuer si elle le décevait.

Mon avis : ce qui frappe de prime abord, c’est que si les personnages et décors sont très réalistes et travaillés visuellement, Punpun apparait comme le plus dépouillé : c’est un oiseau, tout simple, avec un bec et des pattes. Les membres de sa famille sont eux aussi représentés comme des oiseaux. Mais peu à peu, on se rend compte que les apparences sont bien trompeuses, Punpun est empli d’émotions. Trop d’ailleurs. Entre ses parents qui se déchirent et Aiko à qui il n’ose parler, son coeur ne tient pas trop le coup. Ce qui est aussi étrange pour le lecteur, c’est qu’on ne voit pas Punpun parler, même si on se doute qu’il parle en lisant les paroles des autres personnages.

Nous suivons donc Punpun et sa bande de copains, obsédés par le porno. C’est de leur âge. Mais c’est vite lassant. Dans cette bande chacun a son p’tit caractère, et un des garçons est plutôt bizarre, voyant une sorte de dieu qui lui aurait enseigné le Kamehameha… Et il y croit dur comme fer. Punpun a lui aussi son dieu, qu’il appelle souvent. Un dieu atypique, aux yeux bridés avec une coupe afro, taquin, qui sourit tout le temps d’un air goguenard. Cet aspect complètement décalé et irréel du seinen plaira ou pas, mais en tout cas c’est un réel parti pris de l’auteur qui rend cet ouvrage si particulier.

Le premier tome m’a laissé dans un état de flottement. Je ne savais pas si j’aimais ou pas. J’avais accroché à l’histoire mais le côté surréaliste m’avaut décontenancée. Le deuxième tome m’a déjà plus convaincue, car l’intrigue gagne en profondeur, notamment avec les problèmes familiaux et les états d’âme de Punpun. Je ne sais pas si cela vient de moi ou si c’est une volonté de l’auteur, mais je trouve cette série très triste. Pas dans le mauvais sens du terme pourtant. Il y a certes des moments plus légers et farfelus, surtout avec la bande de copains, mais cela n’atténue pas la peine qui émane de Punpun.

Pour l’instant je suis moyennement emballée, mais il y a ce quelque chose d’indéfinissable qui me donne envie d’aller chercher le troisième tome dès qu’il sortira 😉

REMERCIEMENTS : merci aux Editions Kana pour le dossier de presse qui m’a permis de mieux appréhender les différentes facettes de l’auteur et de la série.

  Retrouvez les autres billets BDs du jour chez Mango !

Tome 1 : Editions Kana, ISBN 978-2-5050-1413-3, 224 pages, 7,45 €

Tome 2 : Editions Kana, ISBN 978-2-5050-1414-0, 250 pages, 7,45 €

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8 réflexions au sujet de « « Bonne nuit Punpun », d’Inio Asano »

  1. Ça semble très particulier en effet! Je ne lis pratiquement pas de mangas et j’ai l’impression que j’aurais du mal à accrocher à cette histoire mais je me trompe peut-être.

    1. Il faut accepter l’idée de lire un manga qui traite de sujets sérieux avec beaucoup de folie. C’est surréaliste. Pas déplaisant mais faut aimer quoi ^^

  2. Je connais encore mal l’univers du manga et j’avoue que celui que tu présentes me laisse perplexe… Curieuse façon de représenter les personnages tout de même…

A vous les micros !

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