« Batignolles Rhapsody », de Maxime Gillio

Bien que mes goûts littéraires soient très variés, j’avoue avoir un faible pour les romans noirs. J’aime le cynisme, l’humour noir, les atmosphères enfumées chargées d’alcool, les personnages abîmés. J’avais envie de ce type de lecture ce week-end alors j’ai pioché Batignolles Rhapsody dans ma PAL, pensant y trouver mon bonheur. Malheureusement, le plaisir a été de trop courte durée, je l’ai dévoré en deux heures. Dommage, j’en aurais bien repris encore un peu… 😉

Résumé : Frédéric Pluton joue au sein d’un groupe de rock en tant que sosie de son idole, Freddie Mercury. Mais lors d’un concert il est électrocuté au moment où il s’apprêtait à jouer du clavier. Crime ou accident ? Stella Poliakov, journaliste pour un magazine muscial, est chargée d’écrire un papier sur le groupe. Mais ses recherches la poussent à croire qu’il y a anguille sous roche. En dépit de ses déboires avec l’alcool, elle se met sur l’enquête avec un acharnement qui va la mener sur une piste inexplorée par la police, et aussi sur les traces de son propre passé.

Mon avis : ça swingue, ça déménage, ça décoiffe, c’est tout ce que j’aime ! On entre dans le roman lors de la soirée de concert, et lire en écoutant Queen à travers les mots d’emblée, c’est une formule gagnante pour m’accrocher. Fan du groupe, Maxime Gillio en connait un rayon, et si je suis capable de fredonner les mélodies, je n’avais aucune idée du véritable nom de Freddie Mercury (Farrokh Bulsara) ni de la reconstitution de Queen avec un autre chanteur. Ces anecdotes sont données incidemment dans le texte, il ne s’agit en aucun cas d’un documentaire. C’est un vrai polar, noir, qui avance sans temps mort.

Stella est une journaliste paumée, qui passe une bonne partie de son temps à picoler dans sa péniche. Adolescente, elle avait rencontré l’amour de sa vie, Gabriel. Mais la faute d’une nuit avait tout gâché, et Gabriel avait disparu du jour au lendemain. Stella ne s’en est toujours pas remise. Alors qu’elle enquête sur l’accident de Frédéric, elle est persuadée d’avoir revu Gabriel, devenu vagabond dans les rues de Paris. Les romans policiers sont souvent construits ainsi, l’enquêteur poursuit ses investigations, et l’auteur place une intrigue secondaire qui vient en général le perturber dans son travail. Les flics de fiction sont rarement heureux, ou alors c’est qu’une grosse casserole va leur tomber sur le coin de la figure. Ce qui est particulièrement passionnant dans Batignolles Rhapsody, c’est qu’on ne sait pas trop comment ça va se concrétiser, mais on pressent que les ramifications des deux intrigues vont finir par s’enchevêtrer.  Et le dénouement est EXCELLENT, amené par une histoire riche en rebondissements sur un fond musical et ésotérique. Je ne tiens pas à vous gâcher le plaisir de la lecture, aussi je me contenterais de dire que Frédéric Pluton n’est effectivement pas mort d’un accident (mais ça, vous vous en doutiez) et que les raisons de son meurtre sont particulièrement sournoises, voire capillotractés, et pourtant très cohérentes et inattendues. On suit l’investigation avec un intérêt croissant à chaque étape tant le récit est prenant.

L’intrigue est d’ailleurs servie par une écriture habile et efficace. Ca se lit tout seul, l’humour est corrosif, le style vivant et moderne, mais sans être trop familier. Juste ce qu’il faut pour que les personnages soient crédibles. En dehors de Queen j’ai beaucoup apprécié retrouver de ci de là d’autres références musicales, plus ou moins cachées : Radiohead, Madonna, Phil Collins… (mais pourquoi tant de haine ? j’adore Phil Collins :(). Et aussi les dédicaces glissées à ses collègues Exquismen, alias Dr Boidin et Maître Berdeaux.

J’ai vraiment passé un excellent moment avec ce roman. Chaque page apporte une avancée dans l’histoire, le personnage de Stella est très attachant, on ne s’ennuie pas une seconde, et on sourit pas mal aussi, c’est fun et bien mené. Vraiment tout ce que j’aime. Et après ça, on n’a qu’une envie, se passer Queen en boucle 😉

Editions Krakoen, ISBN 979-10-90324-15-2, 180 pages, 8€

 

 

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8 réflexions au sujet de « « Batignolles Rhapsody », de Maxime Gillio »

  1. Mon groupe préféré ❤
    J'ai hâte de découvrir l'écriture de Maxime Gillio et de me plonger dans cet univers !!!

    Je reviendrai te dire ce que j'en ai pensé 😉

  2. TROP COURT !!!!!
    J’ai aimé que Queen ne serve que d’amorce à l’histoire parce que certains n’auraient pas eu l’envie d’aller au bout (mais c’est possible ça??? :D) et aussi les références tout le long du roman (que je relirai dans quelques temps parce que c’est sur j’ai du en louer !)
    Le format a été imposé je crois du coup, tout se passe très vite, il est vrai que j’aurais aimé plus d’investigations, plus de descriptions des personnages, qu’il y ait un peu plus de tensions. Mais on se laisse prendre, on ne voit pas tout venir pour autant !
    Et dernier point, l’écriture de M. Gillio est très fluide, ça se lit très bien donc je ne serais pas contre découvrir ses histoires publié dans la collection Polar en or

  3. Ah ouais et pis pour aussi je comprends pas cette « acharnement » sur Phil Collins, c’est quand même un pu***** de bon batteur !!!! et dans Genesis ❤

  4. Ah ouais et pis moi aussi je ne comprends pas cet “acharnement” sur Phil Collins, c’est quand même un pu***** de bon batteur !!!! et dans Genesis ❤

    Voilà sans les fautes c'est mieux

A vous les micros !

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