"L’homme au ventre de plomb", de Jean-François Parot

jean-franc3a7ois-parot-lhomme-au-ventre-de-plomb

Résumé : Le commissaire Nicolas Le Floch est chargé par M. de Sartine et par la cour de démêler une affaire délicate et complexe : la mort mystérieuse du fils d’un courtisan proche du dauphin et du parti dévot. Pourquoi les parents défendent-ils la thèse du suicide alors que leur enfant n’avait jamais manifesté son désir d’en finir ? Pourquoi son frère a-t-il disparu ? Qui est véritablement son énigmatique fiancée ? Très rapidement Nicolas conduira ses investigations à Paris, puis à Versailles dans l’entourage de la famille royale et de la favorite Mme de Pompadour. Dans un royaume toujours en guerre et agité par des querelles religieuses, il peut se révéler très dangereux de s’intéresser de trop près à des imbroglios politiques protégés par des secrets de famille…

Mon avis : bien, mais moins bon que le premier tome.

J’ai adoré retrouver l’univers du Nicolas le Floch : le contexte historique, social et politique me passionne et est formidablement rendu par Jean-François Parot. Nous retrouvons des personnages connus comme la Pompadour, mais aussi des gens du peuple, plus simples, qui nous rapprochent du quotidien de l’époque. Je suis toujours autant admirative de la plume de l’auteur, qui utilise un langage châtié et le vocabulaire adéquat pour l’époque.

L’intrigue m’a moins intéressée que dans le premier tome. Je l’ai trouvée plus linéaire, on se fait moins balader. Un peu plus facile aussi, pas dans le sens où on devine tout, mais où certains évènements arrivent sans qu’on ne comprenne vraiment pourquoi. Et parfois les explications sont survolées.

Je reste donc un peu sur ma faim mais retrouverai avec plaisir notre chez enquêteur. D’ailleurs mon homme est en train de lire le troisième tome et me souffle que l’histoire présage d’être très intéressante après cette mini déception pour "L’homme au ventre de plomb". Affaire à suivre… ;)

10/18, 2012, ISBN 978-2264031761, 311 pages, 7,50 €

logo-nicolas-le-floch80010040_p (1)

"Pour seul cortège" de Laurent Gaudé

pour_seul_cortege_gaude

Résumé : en plein banquet, à Babylone, au milieu de la musique et des rires, soudain Alexandre s’écroule, terrassé par la fièvre. Ses généraux se pressent autour de lui, redoutant la fin mais préparant la suite, se disputant déjà l’héritage – et le privilège d’emporter sa dépouille.
Des confins de l’Inde, un étrange messager se hâte vers Babylone. Et d’un temple éloigné où elle s’est réfugiée pour se cacher du monde, on tire une jeune femme de sang royal : le destin l’appelle à nouveau auprès de l’homme qui a vaincu son père…
Le devoir et l’ambition, l’amour et la fidélité, le deuil et l’errance mènent les personnages vers l’ivresse d’une dernière chevauchée.

Mon avis :  bien

Ce ne sera pas un coup de coeur comme pour la plupart des blogueurs/ses qui ont lu cet ouvrage, mais j’ai beaucoup aimé.

Il s’agit des derniers jours d’Alexandre le Grand, qui s’effondre en plein banquet, touché par un mal de ventre qui le paralyse. Ses soldats fidèles, ses proches et d’autres vont se succéder au chevet du mourant qui résiste de toutes ses forces à l’appel de la mort.

Dans le même temps, Dryptéis, belle-soeur d’Alexandre, vit recluse dans un monastère depuis la mort de son mari. On vient la chercher pour convaincre sa grand-mère de "dire la mort ou la vie" au sujet du roi Alexandre. Dryptéis part avec eux, laissant son enfant à une servante, sachant au fond d’elle-même qu’elle ne reviendra jamais.

Nous suivrons l’histoire sous trois angles : Alexandre et ses compagnons, Dryptéis, et un combattant dont seule la tête est revenue au royaume, mais qui "survit" en voix off.

Le souci avec ce roman, c’est que je ne sais pas trop quoi en dire. L’histoire ne m’a pas passionnée en fait. Les hommes d’Alexandre et Dryptéis veulent accomplir le dernier souhait d’Alexandre en amenant sa dépouille sur le territoire qu’il comptait conquérir. Son ultime conquête.

Ce que j’ai davantage aimé, c’est l’écriture. Comme un souffle qui nous pousse toujours plus en avant. C’est beau, lyrique, et épuré. Il n’y a pas un mot de trop, pas un mot qui manque. Une écriture pointue au service d’une histoire épique.

Je n’ai aucune idée des limites entre l’avéré et l’imaginaire, je n’ai pas fait de recherches car l’histoire me plait comme ça. Même si elle ne m’a pas passionnée, je le répète, elle m’a touchée.

J’ai lu tant de billets élogieux que je vous encourage à lire ce roman et vous faire votre propre opinion, sachant que mon billet ne lui rend pas l’hommage qu’il mérite. Parfois on ne sait pas mettre des mots sur notre ressenti ;)

Actes Sud, août 2012, ISBN 978-2-330-01260-1,185 pages, 18 €

logochallenge2

"Neige" de Maxence Fermine

Me voilà de retour après un gros week-end passé en Normandie, du côté de Cabourg ! Je partagerai certainement quelques photos avec vous, mais avant de partir j’avais lu ce roman de Maxence Fermine et je ne peux attendre plus longtemps pour vous en parler !

C’est Missbouquinaix qui m’a donné envie de lire et auteur, ainsi que d’autres blogueuses (mais je ne sais plus qui :S), et je les remercie car j’ai fait une découverte mémorable.

NeigeFermine1

Résumé : A la fin du XIXè siècle, au Japon, le jeune Yuko s’adonne à l’art difficile du haïku. Afin de parfaire sa maîtrise, il décide de se rendre dans le sud du pays, auprès d’un maître avec lequel il se lie d’emblée, sans qu’on sache lequel des deux apporte le plus à l’autre. Dans cette relation faite de respect, de silence et de signes, l’image obsédante d’une femme disparue dans les neiges réunira les deux hommes.

Mon avis : coup de coeur !

C’est un roman sublime qu’il m’a été donné de lire. J’ai été totalement happée par cette histoire courte, intense, et si poétique.

Le père de Yuko lui donne le choix entre deux options, en adéquation avec les traditions familiales : devenir prêtre ou soldat. Or Yuko, dans l’île blanche d’Hokkaido, n’a qu’une passion : les haïkus dédiés à la neige. La neige si pure qui le fascine tant.

Afin de mieux maîtriser son art il se rendra au sud pour rencontrer le maîtres des couleurs. L’histoire de cet homme aveugle est magnifique, touchante et poignante. Il a une vision des choses qui me parle : Je vois encore le bleu des grenouilles et le jaune du ciel. Alors, qui de nous deux est le plus aveugle ?

C’est une histoire très courte donc je n’en dirai rien de plus, si ce n’est qu’il est question d’amour, de respect, et d’un peu de magie aussi.

Le style de Maxence Fermine est merveilleux. Il sait percevoir l’essence des choses, révéler en des mots simples LA beauté.  Sans faire de phrases compliquées, avec des chapitres ne faisant parfois qu’un feuillet, il donne à son récit une dimension émotionnelle époustouflante. J’ai été subjuguée par son écriture, par l’histoire de Yuko, proche du conte, et vous encourage vivement à aller à la rencontre de cet auteur qui m’a énormément touchée.

Points, 2000, ISBN 978-2020385800, 98 pages, 4,70 €

76587905 (1)80010040_p

"Retour à Whitechapel", de Michel Moatti

retour-a-whitechapel-3494922L’histoire de Jack l’Eventreur m’a toujours fascinée. Un homme qui a assassiné sauvagement au moins cinq prostituées, qui a cessé brutalement, et dont l’identité n’a jamais été établie… Ça m’interpelle. Quelles étaient ses motivations ? Comment a-t-il pu échapper à la police ? Nous sommes nombreux à nous poser ces questions tout en sachant que nous ne saurons jamais.

Michel Moatti se propose dans Retour à Whitechapel de nous conter la véritable histoire de Jack l’Eventreur. Il va pour cela utiliser un personnage fictif, la fille de la dernière prostituée assassinée : Amelia Pritlowe. Elle est infirmière à Londres, pendant le Blitz, et entreprend d’adhérer à un club de membres cherchant à démasquer Jack l’Eventreur. Nous suivons ses recherches à travers un journal intime.

En parallèle, le roman met en scène les événements de 1888. Les femmes se font aborder, tuer, les enquêteurs se déplacent, le meurtrier réfléchit… Et c’est cette partie là qui m’a beaucoup gênée. Car tout cela n’est qu’hypothétique, mais le narrateur n’use pas du conditionnel.  Les faits sont présentés comme si cela s’était déroulé ainsi. Que l’auteur romance cette histoire est légitime, n’importe quel romancier historique en fait autant. Mais ici, je trouve que ce n’est pas assez explicité.

J’avais lu le document de Patricia Cornwell Jack l’Eventreur – Affaire classée, que j’avais adoré. Car la romancière a enquêté, a réuni des indices, et grâce à ce faisceau d’indices nous a expliqué quelle conclusion elle en a tiré, et le nom du meurtrier. On y croit ou pas, mais au moins il y a un raisonnement. Dans le roman de Michel Moatti, j’ai vu ce même nom, mais il est apparu comme ça, pouf, de nulle part. Et c’est vraiment ce qui me gêne. Il n’y a pas d’enquête à proprement parler.

Et je n’ai vraiment pas du tout aimé le subterfuge utilisé pour la révélation de la fin. il n’y a rien de tangible.

Je suis donc très déçue, je m’attendais à un roman dans lequel nous avancerions en même temps que le narrateur sur les traces de Jack l’Éventreur, mais il n’en est rien. Le narrateur connaissait déjà l’identité qu’il attribuerait au meurtrier et a tissé une histoire autour. Je regrette aussi que l’auteur n’explique son cheminement de pensées qu’en fin d’ouvrage, alors qu’il aurait été tellement plus judicieux de l’intégrer au récit. Même chose pour les meurtres. Ayant aussi vu l’excellent film avec Michael Caine, je connais l’histoire de ces meurtres. Mais quand on n’en sait pas plus que cela, il y a très peu d’informations au final. Il faut encore une fois attendre les notes de fin d’ouvrage pour en savoir plus.

Néanmoins, j’ai apprécié le carnet d’enquête qui accompagne le roman. Il s’agit d’un pêle-mêle contenant des clichés, des documents d’archives, des notes manuscrites de l’auteur. Et je l’ai trouvé bien fichu. Mais le roman en lui-même ne m’a pas convaincue.

Remerciements : merci à Agnès de HC Editions pour l’envoi de ce roman, qui me tentait tellement pourtant !

HC Editions, 2013, ISBN 9782357201361, 351 pages, 19,90 €

77158541_p

"Le rêve de Balthus", de Nathalie Rheims

9782213620664_1_75Je n’ai pas l’habitude de faire ça, mais si les exceptions existent, c’est bien pour qu’on les utilise. Alors voilà, pour la deuxième fois (me semble-t-il), je vais vous parler d’un livre que je n’ai pas terminé et le caser dans un challenge. Parce que j’ai quand même été courageuse je trouve.

Résumé : Léa se réveille en sursaut. Dans l’immeuble d’en face, elle entrevoit un grand tableau, à peine éclairé. La toile représente deux jeunes filles, l’une endormie sur un canapé, l’autre penchée au-dessus d’elle, une rose jaune à la main. Léa reconnaît la scène du cauchemar qui l’a réveillée et se souvient de cette phrase énigmatique prononcée par son père disparu : " Tout est dans Le Rêve de Balthus. " C’est le commencement d’un parcours initiatique, de Paris à Venise, celui d’une confrérie qui tend à percer les secrets de l’immortalité. Chef-d’œuvre de la peinture du XXe siècle, Le Rêve de Balthus devient ici le personnage principal d’un roman, qui nous fait remonter le temps jusqu’à la Renaissance italienne, à la poursuite, dans les œuvres d’art, de la vérité et de la beauté.

Mon avis : pas terrible

Je me suis rarement autant ennuyée. C’est donc l’histoire d’une jeune fille, Léa, qui se réveille en voyant que l’homme dans l’immeuble en face la regarde. Elle ne peut apercevoir qu’un tableau dans la pièce. Elle vit prostrée dans son appartement depuis le décès de son père, mais se dit que ce serait pas mal comme première sortie d’aller voir le gars bizarre en face.

Qui lui annonce qu’elle est médium, et qu’elle va pouvoir l’aider à retrouver sa fille. La voisine de Léa lui annonce peu après qu’Andrea, le bizarre, est en Italie et qu’elle doit le rejoindre. Evidemment, elle y va.

Et déjà que j’avais du mal à suivre avant, à partir de là je n’ai plus rien compris. Léa se retrouve au milieu d’une espèce de confrérie ésotérique qui cherche à atteindre l’immortalité, et pour ça il faut trouver des tableaux, or ces tableaux c’est Léa qui sait les localiser d’après ses rêves… Bref, un truc abracadabrant auquel je n’ai rien compris. Alors j’ai voulu m’accrocher, mais le style est si peu intéressant, peu fluide, et l’histoire aussi du peu que j’ai saisi, qu’arrivée à la page 100, j’ai laissé tomber.

Pourtant ce ne sont que 154 pages en gros caractères, mais quand ça veut pas, ça veut pas.

Même si la quatrième de couverture parle d’un chef d’oeuvre de la peinture du XXè siècle, n’en croyez rien et passez votre chemin !

Fayard/Léo Scheer, 2004, ISBN 978-2-213-62066-0, 154 pages, 13 € (existe en poche)

e7f5ef0f8e0f1b9acada323af35e7

"Back up", de Paul Colize

175Si vous aimez les romans noirs et le rock, ce roman est fait pour vous ! Paul Colize nous entraîne dans une enquête où l’atmosphère des années soixante est restituée de façon magistrale : la musique, l’esprit de liberté, le sexe, la drogue… Mais ce n’est évidemment pas tout. A l’origine, X Midi. Un homme percuté par une voiture qui tombe dans le coma et se réveille victime du Locked in Syndrom. Il est conscient de tout, mais son corps ne répond plus. Son seul mode de communication, ce sont les clignements de ses paupières. Personne ne sait qui il est, d’où il vient… C’est X Midi lui-même qui va nous raconter son histoire, que nous allons suivre en même temps que ce qui se passe à l’hôpital.

Depuis son plus jeune âge, il était fan de rock, un courant musical qui n’en était qu’à ses débuts à l’époque. Il vivait sa passion avec insouciance, jusqu’au jour où il a été convoqué pour faire son service militaire. Refusant cette obligation, il est devenu déserteur. Menant une vie de bohème  il a vécu à Paris, à Londres, a été batteur dans un groupe de rock, s’est drogué avec toutes les substances possibles… Mais il vivait pour la musique. Jusqu’au jour où il comprend qu’il est impliqué dans une affaire louche. Les membres du groupes pour lesquels il a fait un back up (remplacement d’un musicien) se suicident tous de façon très étrange à quelques jours d’intervalle. Il y a anguille sous roche, et c’est cette enquête qui forme la trame policière du roman.

Ceci dit, cette enquête reste secondaire, car même si elle forme le prétexte du roman, ce n’est pas ce que le lecteur retiendra de Back up. C’est plutôt cette écriture hypnotique, cette ambiance musicale qui fait qu’on lit le roman en tapant la mesure du pied, et la vie trépidante menée par X Midi. Paul Colize a même préparé une playlist détaillée en début d’ouvrage pour accompagner notre lecture, et que vous pouvez retrouver sur le site Deezer.

Un roman noir que je recommande fortement, et surtout aux fans des années soixante. Vous allez vous régaler !

Chronique réalisée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

Folio Policier, 2013, ISBN 978-2-07-044968-2, 493 pages, 7,50 €

77158541_p

"Testament d’une race", de Stanislas Kowalski

product_thumbnailRésumé : Kuntara est désormais un vieil homme. Il relate la destruction de son peuple dans une guerre qu’il n’a pas vue venir. Il raconte ses projets et les espoirs perdus de sa jeunesse. Il raconte ses choix d’homme mûr et les combats qu’il a dû mener pour sa patrie, ses compagnons et sa famille. Il raconte son héroïsme, auquel il ne croit plus lui-même. Bravoure, vulgarité, altruisme et cruauté se mêlent et interrogent son désir d’être civilisé.

Mon avis : mitigé

J’étais attirée par le résumé du roman. J’aime assez les romans rétrospectifs, où le narrateur revient sur une vie riche et mouvementée. Le souci est qu’ici, l’histoire ne m’a pas emballée.

Au départ il s’agit pour Kuntara de retracer succinctement d’où il vient. Nous avons des mentions de lieux inconnus, d’ethnies, de coutumes. Mais cela est traité en surface, et n’a pas su accaparer mon attention. Je suis une lectrice qui a besoin d’être guidée, qu’on lui expose la couleur des peaux, des cheveux, qu’on lui décrive les lieux, avec des formes, des couleurs… Et cela m’a manqué, je n’arrivais pas à me représenter ce dont le narrateur parlait. Puis il est question de guerres pendant une dizaine de pages, sans qu’il ne se passe quoi que ce soit de palpitant. Cela reste factuel, manque de relief, de profondeur, d’émotions.

En revanche, la deuxième moitié du roman m’a davantage plu. Il s’agit pour Kuntara de retrouver sa femme et sa fille, et pour cela il devra se montrer brave et rusé. Il y a de l’action, des personnages mieux caractérisés que dans la première partie, et là j’ai su entrer dans le texte. Je n’irais pas jusqu’à dire que cela m’a passionnée mais cette progression était déjà plus intéressante.

Si l’histoire ne m’a que peu intéressée, j’ai beaucoup aimé l’écriture de Stanislas Kowalski. C’est fluide, le langage est enlevé et une musique propre se dégage de son texte. Hormis quelques jurons qui dénotaient et dont on aurait pu se passer, le roman forme un ensemble agréable à lire pour le style. Et à noter : quasiment aucune coquille ! C’est tellement rare dans l’auto-édition, cela mérite d’être souligné ;)

Remerciements : merci à Stanislas Kowalski pour l’envoi de ce roman.

Lulu.com, 2012, ISBN 978-1-291-02947-5, 173 pages, 14,50 €

 

"L’énigme des Blancs-Manteaux", de Jean-François Parot

28339Et voilà, j’ai lu le premier tome des aventures de Nicolas le Floch pour le challenge de Syl !

Avant d’entendre parler de la série télé je ne savais pas que cette série de romans existait. Et pour tout vous dire, je ne suis pas fan de l’adaptation filmée. J’ai du mal avec le comédien qui joue Nicolas, et les scènes d’action sont d’un ridicule sans nom. Enfin, ce n’est que mon avis. Mais j’aime la période historique et je voulais voir ce que ça donnait en roman, merci Syl de m’avoir incitée à le faire.

Résumé : nous sommes en 176O. Nicolas le Floch est envoyé de Guérande jusqu’à Paris par son parrain, un marquis qui l’a introduit auprès du lieutenant général de police de Louis XV, M. de Sartine. Après un apprentissage d’un an, ce dernier le met à l’épreuve en le chargeant d’enquêter sur la disparition du commissaire Lardin.

Mon avis : excellent !

C’est très appréciable d’entrer dans un roman et de s’y sentir à l’aise dès les premières lignes. J’ai complètement été conquise  par le style de Jean-François Parot, un style maniéré, ciselé, usant un langage enlevé et châtié. Des notes sont d’ailleurs nécessaires pour comprendre les expressions et usages de l’époque, extrêmement bien rendus par l’auteur. C’est simple : on s’y croirait !

Les premiers chapitres sont consacrés à la présentation de Nicolas le Floch. D’où il vient, pourquoi il se trouve là, auprès de qui il travaille, comment il fait son apprentissage… Cela pourrait sembler un peu longuet puisque l’affaire policière ne commence qu’après cette introduction, mais je l’ai trouvée très distrayante et bien menée.

Quant à l’intrigue, je me suis régalée. J’aime ces romans dans lesquels on a plein d’indices devant soi mais qu’il semble impossible de relier entre eux de façon cohérente pour désigner le coupable. J’ai bien essayé mais peine perdue, Nicolas le Floch s’est montré bien plus brillant que moi ^^ L’enquête se fait petit à petit, de façon fluide, sans temps mort. Je ne me suis pas ennuyée une seconde. Et on fait connaissance avec foison de personnages hauts en couleur, qui s’expriment admirablement, c’est un bonheur à lire !

Je suis vraiment contente de ma lecture, ça m’a fait du bien de lire un très bon polar, mais surtout aussi bien écrit ! Je n’ai plus qu’à me procurer le volet suivant pour la session du mois d’avril :)

10/18, 2001, ISBN 978-2-264-03177-8, 377 pages, 7,50 €

logo-nicolas-le-floch80010040_p (1)

"Requiems", de Frédéric Coudron

9782359623215_1_75Résumé : Alessandro Calderon est inspecteur à la Brigade criminelle de Lille. Quinze ans plus tôt, il a été l’objet d’un scandale après avoir abattu un adolescent par erreur lors du braquage d’une bijouterie. Cette « bavure », l’affaire du Croisé-Laroche, l’a poursuivi pendant des années, provoquant chez lui un mal-être chronique. A 35 ans, cet ancien dépressif et alcoolique notoire, semblait enfin avoir trouvé une forme de stabilité dans les bras de sa compagne, Mallory, lorsqu’il va se retrouver confronté à une série de crimes barbares, reproductions exactes des meurtres commis par le terrible Jack L’éventreur, au 19ème siècle. Les victimes du tueur sadique, imitateur du « Ripper », ont pour point commun leur notoriété et leur fortune. Dans sa traque sans relâche, après avoir suivi de fausses pistes en Europe, Calderon, mis sous pression par sa hiérarchie, sera contraint de s’envoler vers l’Amérique du Sud, dans la plus grande illégalité. Là, poussé dans ses derniers retranchements, il pactisera avec le diable pour qu’éclate la vérité…

Mon avis : bon thriller

J’avais déjà bien accroché à l’univers et à l’écriture de Frédéric Coudron en lisant Stabat Mater, et cela se confirme avec Requiems. On retrouve ce que j’avais particulièrement apprécié : des meurtres glauques (on se refait pas) et un tueur frénétique. L’équipe de flics a à peine le temps d’enquêter qu’un nouveau cadavre est retrouvé. C’est horrible et malsain, mais j’aime bien.

Si j’avais eu du mal à entrer dans le premier roman, trouvant que le style ne s’affirmait qu’après une bonne dizaine de pages, je ne peux que constater les progrès de l’auteur. J’ai tout de suite été prise par le texte et l’histoire. Il faut dire que je connaissais aussi déjà le personnage principal, l’inspecteur Calderon, cela peut aider. Mais j’ai trouvé l’écriture plus travaillée et plus agréable à lire.

L’intrigue m’a encore une fois passionnée. Nous avons affaire à un tueur en série qui reproduit les meurtres de Jack l’éventreur. Les meurtres s’enchaînent, et les indices sont maigres. Les pistes peu nombreuses. Pourtant l’enquête progresse, et comme tout lecteur de polar, on essaie lamentablement de dénouer le noeud de l’énigme. En vain, je me suis fait avoir en beauté. Plus l’histoire avançait, moins j’y voyais clair. Frédéric Coudron a le don de construire une intrigue qui se tient, en nous embourbant de plus en plus.

Et encore une fois, j’ai beaucoup apprécié mettre une image sur les différentes scènes, la situation géographique étant précisément ancrée dans la grande métropole lilloise.

Voilà donc un roman court (130 pages), qui propose une véritable intrigue de thriller. Et je n’y ai pas trouvé ce qui m’avait gênée dans le premier opus, ça a été une lecture d’autant plus agréable.

Remerciements : merci à Frédéric Coudron de m’avoir offert ce roman !

Ex Aequo, 2012,  ISBN 978-2-35962-321-5, 130 pages, 14 €

76587905logochallenge2 (1)77158541_p77266831_o (1)

"Ubu roi", d’Alfred Jarry

ubu-roi_couv

Après deux oublis, j’ai enfin pensé à lire un ouvrage pour le challenge Un mot, des titres de Calypso. Pour cette session nous devions trouver un titre comportant le mot roi.

Résumé : Nous sommes en Pologne où Ubu, ancien roi d’Aragon et capitaine des dragons, jouit d’une haute situation et de la faveur du roi. Mais sa femme, la Mère Ubu, n’est pas satisfaite de ce rang : elle aspire au trône et réussit à convaincre son mari en évoquant les ‘andouilles’ qu’il pourrait manger en s’enrichissant. Ubu décide alors de monter une conspiration avec le vaillant capitaine Bordure.

Mon avis : partagé.

Généralement, je trouve qu’il est mieux d’aller voir une pièce de théâtre que la lire, mais la lecture reste tout de même agréable. Cette fois ci, j’ai eu le sentiment qu’on passe vraiment à côté de la pièce si on ne la voit pas jouée. En tout cas ce fut mon cas.

L’histoire démarre très bien. Nous avons un ancien roi d’Aragon, Ubu père, qui n’est plus qu’un capitaine de dragons auprès du roi Venceslas. Mais cette situation ne sied guère à Ubu mère qui exhorte son mari de détrôner le roi. Et si au départ Ubu s’insurge, j’aime mieux être gueux comme un maigre et brave rat que riche comme un méchant et gras chat, il se laisse vite convaincre par les arguments de sa femme. Et rapidement, la grenouille veut se faire aussi grosse que le boeuf, et même davantage encore…

Ce que j’ai beaucoup aimé, ce sont les dialogues. Les merdre des deux époux, les ventrebleu d’Ubu père, tout ce vocabulaire familier et inventé en partie m’a plu et fait rire. Le caractère de la vénale Ubu mère et du despote Ubu père  sont tordants. On se croirait chez la Reine de Coeur, "qu’on leur tranche la tête !!!"

Mais je n’ai pas accroché plus que ça car l’histoire manque de relief à mon goût. Je me suis amusée en lisant la première partie, celle où Ubu fomente le renversement du roi, et où il passe à l’action. Mais ensuite j’ai trouvé l’action, si on peut parler d’action, longue. Je me suis ennuyée. Et je pense que la pièce gagne en intérêt si elle est jouée devant nous, avec le comique de scène, les mimiques des personnages etc

Je suis contente d’avoir lu ce classique, pour ma culture perso, mais autrement, bof. Je retiens tout de même le style de Jarry qui m’a énormément plu.

Folio classique, 2006, ISBN 978-2-07-042354-9, 199 pages (avec le dossier), 2,50 €

critiquesabc20131 e7f5ef0f8e0f1b9acada323af35e7

Previous Older Entries

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 95 followers