Salon Sang pour Sang polar de la Tour du Pin

Un salon entièrement consacré au polar se tiendra les 9 et 10 juin à La Tour du Pin, en Isère. Un peu loin pour moi qui vit tout au Nord de la France malheureusement. Mais si vous habitez le coin et que vous êtes amateurs de polars, foncez ! Il va y avoir du beau monde :)

Les auteurs présents :

  • Aurélien Molas (lauréat du Prix Sang pour Sang POLAR du premier Roman policier 2010 avec La Onzième Plaie) 
  • Frédéric Mars (Non Stop, Les écriveurs)
  • Karine Giebel  (j’ai beaucoup aimé Les morsures de l’ombre) 
  • Gilles Caillot (L’apparence de la chair est dans ma PAL, et vu la chronique de Marine j’ai hâte de m’y mettre !)
  • Laurent Guillaume (son roman Doux comme la mort me fait de l’oeil)
  • Alexis Aubenque
  • Gérard Coquet
  • Catherine  Fradier
  • Claire  Favan  (j’ai adoré Le Tueur intime !)
  • Jacques  Saussey
  • Philippe Paternolli
  • Fabio Mitchelli
  • Thanh-Van Tran-Nhut
  • Alain Bron
  • Stéphane  Marchand (il me faut absolument Maëlstrom, je le veux !) 
  • Laurent  Luna
  • Jean-Luc   Bizien
  • Annabelle  Léna
  • Gaëlle Perrin  (j’ai Le sourire du Diable dans ma PAL. Une auteure d’une gentillesse extrême, n’hésitez pas à aller la voir ^^)
  • Fabien Hérisson (à l’origine de l’excellent recueil Les auteurs du noir face à la différence)
  • Constance April  

Vous pourrez aussi assister à la remise du Prix Sang pour Sang polar du premier roman policier en avant-première direct live. Plus d’infos par ici !

Bonne visite ! ;)

Le challenge de Missbouquinaix

Ce matin je suis tombée sur ce petit challenge concocté par Missbouquinaix et je dois dire qu’il tombe à pic !

Ce qu’elle nous propose, c’est un challenge express pour réduire notre PAL. Pourquoi express ? Parce qu’il ne durera que le temps du mois de juin. Et pourquoi tombe-t-il à pic ? Car comme vous le savez peut-être je me suis engagée dans un challenge PAL a zéro et qu’un petit coup de boost ne me ferait pas de mal ;)

Le but est donc on ne peut plus simple : réduire notre PAL en y piochant nos lectures du mois de juin.

Pour s’inscrire il faut simplement :

- communiquer à Missbouquinaix sa PAL bloquée pour le mois de juin. Les nouvelles acquisitions ne seront pas incluses.

- communiquer une photo de sa PAL.

Et le grand vainqueur de ce challenge aura la chance de se voir offrir une récompense livresque pour les efforts accomplis. Sympa, non ?

Alors, ça vous tente ? :)

Ma PAL !

“20 ans ferme” de Sylvain Ricard et Nicoby

Dimanche soir j’ai regardé pour la première fois le film Un prophète de Jacques Audiard. J’avais déjà eu l’opportunité de le voir mais comme c’est le genre de film qui me met en vrac, j’ai repoussé jusqu’à me sentir (à peu près) prête. C’est cette BD qui m’y a aidée. La prison, on s’en doute c’est pas rose. Après tout c’est une punition, pas un laissez-passer pour Disneyland. Mais le but étant de donner la possibilité aux condamnés de se réinsérer, il faut quand même garder un peu d’humanité dans ces lieux. Si le sujet du film et de cette BD est le même, la prison, l’angle de vue est différent. D’un côté les clans qui règnent en maître sur les prisons, d’un autre le système carcéral ultra défaillant. Le résultat est en tout cas le même : difficile de se reconstruire et de se donner une chance dans ces conditions.

J’avais eu l’occasion de lire cette BD pour Les Chroniques de l’Imaginaire, voici ma chronique :

Milan est un délinquant, pas méchant, mais hors la loi quand même. Il se fait arrêter pour braquage et cela signe le début d’un procès puis d’une mise en détention. C’est son histoire dans l’enceinte de la prison que Sylvain Ricard a choisi de nous raconter. Pour cela il s’est appuyé sur les confidences de Milko, fondateur et président de l’association Ban Public, qui a pour but de favoriser la communication sur les problématiques de l’incarcération et d’aide à la réinsertion des personnes détenues. Si l’histoire de Milan est fictive, elle est cependant intimement inspirée de celle de Milko.

Nous suivons donc les années d’incarcération de Milan. Le but de cette bande dessinée est de sensibiliser le lecteur aux conditions de détention des détenus et de pointer du doigt les incohérences du système. Plusieurs problèmes sont ainsi soulevés. Cela commence par le traitement des prisonniers par le personnel pénitentiaire. Les hommes sont entassés dans la cour lors des promenades, qui leur sont signifiées à coups de baton contre les barreaux. Alors que la prison est censée aider à la réinsertion, les hommes sont d’emblée ramener au rang d’animaux. Les couples ne peuvent pas s’isoler lors des visites, les punitions pleuvent pour parfois pas grand chose. Les cellules d’isolement, “le mitard’, a plus tendance à détruire ce qu’il reste à sauver chez ces hommes qu’à les aider à s’en sortir. Le message n’est pas qu’il faut laisser les détenus vivre normalement, pas du tout, mais simplement de réintroduire de l’humanité. La question du travail est aussi soulevée : selon ce qui ressort de cet ouvrage, le droit du travail s’arrête aux portes de la prison.

Le tort qu’a Milan est de ne pas se laisser faire et de faire savoir qu’il estime qu’il y a injustice, même pour un condamné. L’homme décrit ici n’est pas violent, bien qu’il essaye de rallier à sa cause ses codétenus et d’organiser des révoltes. Il veut juste qu’on le traite avec humanité et qu’on l’aide à être un homme meilleur quand il sortira de prison. Par conséquent il se met à dos le personnel pénitentiaire. Ce qui le sauve me semble-t-il est la fidélité de sa compagne, qui ne desespère pas, même quand après avoir conduit des centaines de kilomètres on lui annonce qu’il ne sera pas disponible de voir Milan.

20 ans ferme est une bande dessinée à vocation informative, qui n’en reste pas moins divertissante, car menée de façon à maintenir notre intérêt en suivant les aventures de Milan. Les dessins sont assez simples et restent donc en retrait pour donner plus d’importance au propos. Un dossier plus technique suit en fin d’ouvrage, afin de mettre en relief les manquements à la loi des centres pénitentiaires. Même si cet ouvrage est orienté, ne donnant qu’un point de vue unilatéral, il met sans aucun doute le doigt sur les défaillances de l’Etat, et donne matière à réfléchir sur un système carcéral visant plus à réinsérer les détenus qu’à les parquer.

Retrouvez les autres billets BDs du jour chez Mango !

Futuropolis, 2012, ISBN 978-2-7548-0586-5, 103 pages, 17 €

Quoi de neuf dans ma besace ? #14

Avez-vous remarqué que la semaine dernière il n’y a pas de post consacré à mes nouvelles acquisitions ? Je vous avoue que ça m’a fait drôle, mais en même temps, ma PAL m’a dit merci. Contrairement à cette semaine…

Cette semaine je n’ai rien dépensé, eh oui, challenge PAL à zéro oblige :) Donc mes acquisitions sont issues de trocs ou de dons.

Pochetroc

Site de troc dont je vous ai déjà parlé et que je trouve absolument génial. J’étais sur liste d’attente pour deux livres et ils ont été libérés \o/

C’est un livre dont j’ai entendu beaucoup de bien, et qui va me servir pour mon challenge Littératures Nordiques. On l’a offert pour l’anniversaire de notre copine Lilith et elle l’a dévoré, donc je me dis que c’est bon signe ^^

Sur le forum du Coin des lecteurs j’avais évoqué mon intérêt pour l’île de Guernesey après avoir lu Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows. Et une des copines membres m’a incitée à lire Sarnia si j’avais envie d’en savoir plus sur cette île. C’est un pavé donc je ne vais pas lire immédiatement, mais je suis contente de l’avoir :)

Troc entre copines

Vendredi soir nous avons toutes ramené des livres à troquer ou vendre. Alors d’une ça nous a permis de passer un bon moment ensemble, c’est toujours agréable ^^ Et aussi de vider renflouer nos PALs qui n’en ont pas besoin mais bon, nous ne sommes que de faibles créatures avides de lecture… ;) Ca fait une entorse au règlement du challenge PAL à zéro mais j’aurais regretté de ne pas en profiter, et puis j’ai quand même 5 livres en moins dans ma biblio, donc c’est pas si catastrophique que ça ;)

Et voici ce que j’ai ramené :

  • Oliver Twist de Charles Dickens, en VO
  • Meurtres à Lafferton de Susan Hill.
  • Le dernier juré de John Grisham.
  • Wise Blood de Flannery O’Connor, en VO.
  • Le Koala tueur de Kenneth Cook.
  • La métaphysique des tubes, d’Amélie Nothomb.

Pas mal, non ? :D

Et vous, qu’avez-vous eu de beau ? :)

 

 

“Une parfaite chambre de malade”, Yoko Ogawa

Il y a quelques semaines je vous annonçais notre première lecture commune avec ma correspondante Livresse. Nous avions porté notre choix sur Une parfaite chambre de malade de Yoko Ogawa, car nous partageons le même intérêt pour la littérature asiatique, et nous avions toutes les deux envie de découvrir cette auteure.

Le livre est composé de deux nouvelles : Une parfaite chambre de malade et La désagrégation du papillon.

Une parfaite chambre de malade

La narratrice se remémore le moment où elle a accompagné son frère dans la maladie. Elle a passé beaucoup de temps avec lui dans sa chambre d’hôpital, jusqu’à ce que la mort l’emporte.

La désagrégation du papillon

La narratrice emmène dans une maison de repos la femme qui l’a élevée, maintenant sénile.

Mon avis : les résumés sont courts car du point de vue de l’histoire il n’y a pas grand chose à en dire. Ce qui importe c’est la façon dont la narratrice perçoit les choses. Dans la première nouvelle, elle prend le temps d’observer la chambre, aux couleurs sobres, d’une propreté extrême. Alors qu’elle est un lieu de maladie, elle s’y sent bien car c’est un cocon de pureté, dans lequel elle se sent en sécurité. Elle observe son frère, très mince, incapable de manger autre chose qu’une certaine variété de raisin. Elle note la transparence de sa peau. A la maison, elle scrute son mari quand il mange, les bruits qu’il fait en mastiquant, la gymnastique de sa bouche. La deuxième nouvelle continue dans la même optique. Elle écoute son corps, perçoit les mouvements de ses organes, de son utérus.

Cette façon de raconter un récit de façon organique est déroutante. Au début j’ai accroché car le style est… japonais. J’aime ce phrasé tout en douceur, ces mots précis et ce regard relativement neutre sur les choses. Tout est décrit avec objectivité, mais les émotions suscitées sont elles bien subjectives et chargées d’émotion. Pourtant, plus j’avançais dans ma lecture, plus j’éprouvais comme un malaise. Car à aucun moment je n’ai su éprouver de l’empathie, ni même de la sympathie pour cette femme. Ses pensées, émotions et réactions me sont totalement étrangères. Et c’est sans nul doute de là que vient le fait que j’ai eu beaucoup de mal à terminer ce court roman de 153 pages.

Les relations humaines dépeintes sont aussi atypiques. La narratrice a une approche très sensuelle envers son frère. Aucunement sexuelle, mais tout de même inhabituelle. Dans la deuxième nouvelle, elle et son compagnon ? amant ? on ne sait pas très bien… semblent à la fois très proches et à mille années lumières l’un de l’autre. La narratrice m’apparait comme vivant dans son propre monde dans les deux récits. Sans qu’on soit dans la folie, elle a juste une façon de penser très particulière.

Il y a autre chose qui m’embête avec ce roman. C’est que je sens que c’est comme pour certains poèmes. Il suffit qu’on nous l’explique et tout prend un sens nouveau. Le caché devient visible. Pour ces deux nouvelles, je me demande s’il ne me manque pas une clé de compréhension. Mais peut-être pas après tout, parfois il n’y a rien de spécial à comprendre. Mais ce doute me frustre.

Je ressors de cette lecture partagée. Décue parce que je n’ai pas accroché aux deux histoires, ni au style de l’auteure. La description des aliments, des résidus de vaisselle, des sensations corporelles, tout ce côté organique a vraiment gêné ma lecture. J’avais comme un drôle de goût dans la bouche tout du long. Mais en même temps je suis contente d’avoir approché une littérature différente. Même si ce n’a pas été concluant cette fois ci, c’est toujours intéressant de changer de décor de temps à autre. D’ailleurs j’ai toujours l’intention de lire un jour La formule préférée du professeur de cette même auteure. Chat échaudé ne craint pas l’eau froide ;)

Merci à Livresse d’avoir partagé cette lecture avec moi ! D’ailleurs, qu’en a-t-elle pensé ? C’est par ici !

Editions Babel, ISBN 978-2-7427-5661-2, 153 pages, 6,50 €

On my wishlist #8

Sur une idée Book Chick City, le principe est le suivant : chaque samedi je mettrai en avant un livre qui me fait particulièrement envie, que ce soit une parution récente ou plus ancienne.

Pourquoi un seul livre ? Pour ne pas juste dresser une liste mais expliquer pourquoi je tiens à ce que ce livre rejoigne un jour ma PAL. “

Avenue des Géants de Marc Dugain. Publié chez Gallimard, avril 2012.

Pourquoi ce livre ?

Alors comme on ne change pas une équipe qui gagne, j’ai entendu parler de ce livre… roulement de tambour… suspense… Bon, vous avez déjà tous deviné : chez François Busnel dans son émission La Grande Librairie.

Ce roman m’intéresse pour deux raisons. La première, l’auteur. J’ai lu de lui Une exécution ordinaire, et cette semaine L’insomnie des étoiles. Son écriture a un effet hypnotique sur moi, je me plonge dans son histoire, je le suis aveuglément. Et il a une façon de glisser ses intrigues dans un contexte historique donné qui me subjugue. J’aimerais lire tous ses romans, sauf Campagne anglaise, puisque l’auteur lui-même estime que c’est un mauvais roman et en a même plutôt honte. Donc autant lui faire honneur en ne le lisant pas ^^

Deuxième raison : l’histoire. C’est en regardant un reportage à la télévision sur le tueur en série Edmund Kemper que l’idée du roman lui est venue. Edmund Kemper est un Américain au QI très élevé, supérieur à celui d’Einstein. Mais il est né dans une famille où on le maltraitait. Il n’a jamais connu l’amour, seulement le rejet. Et est devenu ce qu’il est devenu… Marc Dugain a imaginé un personnage similaire, et a eu à coeur de montrer comme les blessures de l’enfance forgent un homme et conditionnent ce qu’il sera. Il ne juge pas, ne tolère pas, essaye juste de comprendre en se mettant à sa place. Je n’aime pas du tout les théories de psycho, Freud, le complexe d’Oedipe etc, mais tout ce qui relève du pragmatique, j’adore. Comment un homme réagit en fonction de ce qu’on lui a appris, apporté, ou pas, de ce qui l’entoure etc.

J’ai lu dans une interview que Marc Dugain avait sillonné les routes de l’ouest américain, changeant de motel toutes les nuits, pour s’imprégner au mieux des paysages et de l’atmosphère. Une raison de plus pour que j’aie vraiment très très envie de lire Avenue des Géants !! Et je suis quasi certaine que je vais adorer :)

Et vous, quel est le livre que vous auriez très envie d’avoir cette semaine ? :)

“Pablo : Tome 1 – Max Jacob”, Julie Birmant & Clément Oubrerie

 OliV nous avait proposé il y a quelques semaines une Lecture Commune BD, et je ne pouvais décemment pas dire non, bien au contraire, je trouvais l’idée excellente ! Il nous avait donc proposé une sélection de trois titres et demandé de voter pour élire celle qui serait choisie. C’est le premier tome de Pablo qui est arrivé en tête, et cela tombe plutôt bien, cette nouvelle série figurait dans ma wishlist puisque j’aime beaucoup les BDs historiques et/ou biographiques.

Vous l’aurez compris, cette BD parle bien du grand artiste Pablo Picasso.

Si souvent on commence par un récit depuis l’enfance, qui explique le personnage, ses épreuves, ses bonheurs, pourquoi il est devenu ce qu’il est devenu etc, ici, il n’en est rien. Nous assistons à la naissance de Pablo, mais en tant qu’artiste.

L’histoire démarre en 1900, lors de l’Exposition Universelle de Paris. Picasso s’y rend avec son ami Casagemas, dans l’espoir de profiter de l’effervescence culturelle pour faire valoir ses tableaux. Là il rencontre Pedro Mañach, marchand d’art qui sera son agent. Il parviendra à persuader une galeriste influente, Berthe Weill, de lui prendre ses tableaux. Et étonnamment, elle les vendit très vite.

A Paris, Pablo et Casagemas s’installent dans l’atelier d’un ami peintre, Nonell, à Montmartre. La vie qu’ils y mènent est rythmée entre débauche et peinture. J’ai eu du mal à ma mettre dans la tête qu’on était encore au tout début du XXè siècle. L’ambiance ressemble plutôt à l’idée que je me fais des années 20, les années folles, pendant lesquelles on veut oublier l’horreur de la guerre et boire sa vie jusqu’à plus soif. Mais visiblement les Parisiennes avaient déjà des moeurs très légères en 1900, orgies et ribambelle d’amants au programme ^^

Mais cela n’empêche pas qu’il y a une place pour l’amour, et Casagemas est amoureux fou de Germaine, qui ne le lui rend pas très bien. De désespoir, Casagemas se tue, après avoir tenté de la tuer avec lui. C’est une véritable tragédie pour Pablo, qui dans une nuit de beuverie solitaire exorcisera sa peine en peignant La Mort de Casagemas :

Cette peinture marque un tournant dans la carrière du peintre. Et si ce premier tome s’intititule Max Jacob, ça n’est pas un hasard. Ce poète va tomber amoureux de l’oeuvre de Picasso,  et peut-être même du peintre. En tout cas il va l’héberger et lui redonner confiance en lui, l’aider à se dépasser.

C’est une voix-off étonnante qui raconte cette histoire : celle de Fernande Olivier. Alias Amélie Lang. Alias Amélie Percheron. Entre une famille d’accueil peu aimante et un mari violent, Amélie a toujours essayé de fuir sa vie. Elle n’y a réussi qu’en devenant modèle au Bateau-Lavoir, cet atelier géant de Montmartre qui a réuni les plus grands artistes en son temps. Et c’est là qu’elle a rencontré Pablo.

Pour moi qui ne connaissait de Pablo que sa petite silhouette de vieil homme et ses courants de peinture : période bleue, période rose, cubisme… l’immersion dans son histoire a été totale et très intéressante. Parce que connaître la vie d’un artiste, c’est souvent comprendre une époque, un mode de vie, une façon de penser. C’est capter l’essence d’une période donnée. Et j’ai adoré vivre quelques dizaines de minutes la vie à Paris dans les années 1900.

Et puis la vie de Pablo a de quoi produire une histoire passionnante, comme celle de Fernande d’ailleurs. Lire l’histoire de ce petit homme espagnol qui débarque à Paris ne sachant pas un mot de français, et qui deviendra ce que l’on sait, ça me fascine.

Quand aux dessins, j’ai aimé retrouver les traits de Clément Oubrerie qui me sont familiers puisque je l’ai découvert avec la série Aya de Yopougon. Cette fois on est loin de la Côte d’Ivoire mais on reconnait son coup de crayon, qui se prête parfaitement au scénario de Julie Birmant.

Pour faire bref j’ai adoré cette lecture, enrichissante et prenante, et j’espère que nous n’aurons pas trop à attendre avant de découvrir la suite des aventures de Pablo. Merci à OliV pour cette LC !

Mes compagnons de lecture pour cette LC : OliV, Tête de Litote, Yvan

Retrouvez les autres billets BDs du jour chez Mango !

Dargaud, ISBN 978-2-205-06936-5, 88 pages, 16,95 €

“Le Puits des Mémoires : Tome 1 – La Traque”, Gabriel Katz

Voici un livre qui a attiré mon attention dès que j’ai lu le résumé sur le forum Livraddict. Et à ma gande joie j’ai été sélectionnée pour ce partenariat avec les Editions Scrinéo :)

Résumé : Trois hommes se réveillent dans les débris d’un chariot pénitentiaire accidenté en pleine montagne. Aucun d’eux n’a le moindre souvenir de son nom, de son passé, de la raison pour laquelle il se trouve là, en haillons, dans un pays inconnu. Sur leurs traces, une horde de guerriers, venue de l’autre bout du monde, mettra le royaume à feu et à sang pour les retrouver. Fugitifs, mis à prix, impitoyablement traqués pour une raison mystérieuse, Olen, Karib et Nils se découvrent au fil des pages, au fur et à mesure que leur passé les rattrape, et vont devoir survivre dans un monde où règnent la violence, les complots et la magie noire…

Mon avis : Génial !

Ce qui m’avait d’abord donné envie de lire ce roman, c’est le fait que les trois hommes se réveillent amnésiques. L’idée que ces hommes se découvraient en même temps que nous-mêmes les découvrions me plaisait particulièrement. Chacun était enfermé dans une boîte en bois, et se savait sur la route grâce aux cahots de l’attelage. Mais d’où venaient-ils ? Vers où allaient-ils ? Mystère. Un éboulement a fait basculer la tête du convoi, tuant leurs geôliers, et eux ont pu s’en sortir grâce aux boîtes éventrées dans l’accident.

Au départ ils ne se souviennent absolument pas de qui ils sont. Mais tous trois savent qu’il va falloir se serrer les coudes s’ils veulent survivre et résoudre cette énigme. Cette première partie est déjà très prenante. Chacun se donne un nom, essaye d’appréhender qui il est. Etrangement, seule la mémoire de leur propre passé leur est inaccessible. Alors qu’ils se rappellent des royaumes, des tribus, des castes… Très vite, chacun va en savoir plus sur lui. Ils vont faire preuve de réflexes révélateurs de leur “profession”, et développer des capacités qui vont en dire long sur ce qu’ils étaient avant de perdre la mémoire. Mais s’ils commencent à percevoir ce qu’ils sont, ils sont encore loin de savoir QUI ils sont.

Ce qui est passionnant dans cette histoire ce n’est pas, contrairement à ce qu’on pourrait penser, la quête de leur identité. C’est que visiblement d’autres savent très bien qui ils sont et les recherchent activement. Nos trois amnésiques vont donc devoir passer inaperçu et pour cela, quoi de mieux que d’intégrer une troupe de mercenaires à leur propre recherche ? Cette situation schizophrénique est à la fois drôle et angoissante, très prenante en tout cas.

Tout le roman est très prenant de toutes façons. L’écriture est fluide, enlevée et très agréable à lire. Les personnages sont tous les trois charismatiques, attachants, chacun avec sa propre personnalité qui se démarque de plus en plus au fur et à mesure. Et l’humour n’est pas en reste, certaines situations et réparties sont drôlissimes. L’histoire prend place dans un univers de fantasy, sans que cela soit trop marqué. Les éléments inhérents au genre sont bien présents : les royaumes, les villages moyen-âgeux, les croyances, les combats… mais seule la présence de la magie donne à ce récit ce caractère fantastique si plaisant.

Si ce premier tome commence plutôt légèrement, plus le récit avance, plus une épée de Damoclès vient se rapprocher pour se placer juste au-dessus de leurs têtes. Les ennemis de nos trois héros sont nécessairement indéfinis au début de l’histoire, et puis finalement il s’avère que ce sont de dangereux guerriers, dotés d’une bête monstrueuse et sanguinaire, capable de les flairer comme un limier.

Cette trilogie a tout pour me plaire : une histoire passionnante, des personnages hauts en couleur, du suspense, de l’humour. On n’a pas le temps de s’ennuyer une seconde, c’est un livre qu’on dévore, littéralement, avec avidité et gourmandise. J’ai tourné la dernière page de ce premier tome avec frustration, tant j’ai envie de retrouver au plus vite Nils, Olen et Karib. Vivement la sortie du deuxième tome en octobre !

Remerciements : je tiens à remercier Livraddict et les Editions Scrinéo pour ce partenariat, qui m’a permis de découvrir une série qui m’a enchantée. C’est ma première expérience avec cette maison d’éditions et je la renouvellerai avec plaisir :)

Editions Scrinéo, ISBN 978-2-9197-5545-5, 398 pages, 16,90 €

On my wishlist #7

Sur une idée Book Chick City, le principe est le suivant : chaque samedi je mettrai en avant un livre qui me fait particulièrement envie, que ce soit une parution récente ou plus ancienne.

Pourquoi un seul livre ? Pour ne pas juste dresser une liste mais expliquer pourquoi je tiens à ce que ce livre rejoigne un jour ma PAL.

“La gifle” de Christos Tsiolkas.  Publié chez 10/18, mars 2012.

Pourquoi ce livre ?

Je ne connais pas du tout l’auteur, Christos Tsiolkas, un Australien d’origine grecque qui a pas mal d’écrits à son actif.

Si ce livre m’interpelle, c’est pour son histoire : des amis sont regroupés autour d’un barbecue. Jusque là tout va bien. C’est généralement un moment convivial, on s’amuse, on rit, joie et bonne humeur et compagnie. Sauf que. Un évènement va tout chambouler : un adulte va donner une gifle à un enfant qui n’est pas le sien. Et là, c’est le drame. Effet boule de neige, des vérités pas toujours bonnes à dire vont pourtant être dites, et le moment sympa entre amis va tourner au vinaigre.

Je pense que dans ce livre je vais trouver ce que j’aime : l’analyse des sentiments humains, l’hypocrisie, le mensonge ; l’humour ; un sujet de fond. Parce qu’au-delà de l’histoire qui m’a l’air savoureuse, se pose la question de la gifle. Quand je vois le tollé soulevé par certains pour la fessée, je suis curieuse de savoir comment Christos Tsiolkas va  traiter le sujet ;)

Et vous, quel est le livre que vous auriez très envie d’avoir cette semaine ? :)

“Rites d’automne”, Dan O’Brien

Voici mon premier billet dans le cadre du challenge Les Carnets de route de François Busnel. Alors soyons honnête, j’avais lu ce livre avant mon inscription au challenge. Mais il me semble que cette liste correspond plutôt aux auteurs à lire ou à avoir lu (et chroniqué évidemment) plutôt qu’aux auteurs à lire à partir d’un moment donné.

J’ai lu deux romans de Dan O’Brien, Rites d’automne et L’agent indien. Mais la lecture de ce dernier remonte à trop loin pour que je vous en parle efficacement. Quant à Rites d’Automne je l’avais chroniqué pour Les chroniques de l’Imaginaire :

Dan O’Brien est un amoureux des animaux et de la nature. Dans son ranch perdu au milieu des plaines du Dakota du Sud, il a créé sa société d’élevage de bisons, dans le souci d’un système plus éthique que ce que propose l’économie moderne. C’est aussi un spécialiste des espèces en voie de disparition. En 1965, il avait été engagé par la Peregrine Fund Inc. afin de réintroduire dans la nature des faucons élevés en captivité.

Lors d’une de ces missions, Dan O’Brien doit relâcher quatre jeunes faucons pèlerins. Trois mourront capturés par un aigle royal. Le quatrième, Blue, n’en réchappera que grâce au secours de l’auteur. Mais il est trop tard pour Blue désormais, le processus d’apprentissage naturel n’est plus possible, elle devra retourner en captivité.

C’est à ce moment que Dan O’Brien prend la décision de changer le cours des choses. Non, Blue ne retournera pas au centre. Il va la prendre sous son aile et tâchera de lui apprendre à vivre en liberté. S’engage alors une formidable histoire d’amitié entre l’homme et l’animal. Par des techniques de dressage, il va apprendre à Blue, rebaptisée Dolly, à se familiariser avec le monde extérieur, à capturer des proies. Rien n’est laissé au hasard : les terrains de chasse, le poids du faucon, le sens du vent, la température… Petit à petit, Dolly va mieux comprendre ce qu’il attend d’elle, et même si ses débuts sont maladroits, on est émerveillés de voir comme la nature reprend ses droits. Dan O’Brien est aidé de son bras-droit au ranch dans un premier temps, dans le Montana. Puis il faudra descendre seul jusqu’au Texas pour relâcher Dolly, afin de l’aider à migrer comme n’importe quel autre faucon.

Le respect est le mot-clé de ce roman. Le comportement de Dan O’Brien est riche d’enseignements. Il apprend à Dolly à tuer pour se nourrir, mais enterre la tête de l’animal par respect. Ses deux chiens le suivent constamment, ils se comprennent, chacun sait ce que leur maître attend d’eux. La connivence entre les chiens, le faucon et l’homme lors des scènes de chasse est incroyable. On perçoit distinctement l’osmose qui règne entre ces êtres, au-delà du langage. Lors de son périple, l’auteur rencontre plusieurs amis qui partagent les mêmes valeurs de simplicité et de respect de la nature. Il croise aussi des lieux célèbres dans l’histoire américaine pour les conflits entre Amérindiens et “Blancs”, et regrette les atrocités commises à l’encontre des natifs. Ainsi le lecteur voyage à travers le temps en même temps que l’auteur traverse le territoire.

Lire Rites d’Automne nous initie à la fauconnerie, aux technique de survie, au comportement animal, et Dan O’Brien vulgarise tout ceci avec une écriture simple, délicate, enchanteresse. C’est un réel plaisir que de faire la route avec lui et Dolly. Mais ce qui fait la grande force de ce livre, c’est le plaidoyer sous-jacent pour le respect de la nature et des êtres vivants. Sa compréhension du règne végétal et animal laisse songeur, et on se rend compte que l’homme a encore beaucoup à (ré)apprendre.

J’ai prêté ce roman à une amie pour qui ce fut un immense coup de coeur, elle l’a dévoré :)

Folio, ISBN 978-2-07-044162-4, 247 pages, 5,70 €

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